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L'INCONNU, PROLOGUE

LE GÉNIE

Tu in*avoueras peut-être que jaiDaîs Il ne s'en est vu de pareilles;

Mais il est temps d*en venir aux effets. Animez-vous, rochers, et changez de figure, Paraissez tout couverts d'hommes et de verdure,

C*est moi qui veux ces divers changements, Et voir de votre sein naître des instruments.

(On voit ici la montagne se remuer ; elle est en un moment couverte d'arbres, et il s'en détache des pierres qui sont changées en honnnes : ces hommes touchent d'autres pierres, et elles deviennent des violons entre leurs mains; ils en jouent un air dont la vitesse du mouvement rend Thalie toute surprise.)

THALIE

Tu promets moins que tu ne donnes.

Et ma peine déjà commence à s'adoucir.

Quels divertissements, lorsque tu les ordonnes,

Peuvent manquer de réussir?

LE GÉNIE

C'est encor peu ; je veux que vous fassiez paraître Un berger dont les doux accents Suivent les tons ravissants De quelque nymphe champêtre.

(En môme temps on voit deux morceaux de rocher se changer en une nymphe et un berger ; ils s'avancent et chantent les paroles qui suiV^ent.)

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