SCÈNE IV LE MARQUIS, VIRGINE
LE MARQUIS
Vous riez? D*où vous vient cette joie?
LE MARQUIS
De voir contre elle-même Olympe qui s'emploie. Le chevalier, d'erreur comme elle prévenu, Va tâcher, pour lui plaire, à servir l'Inconnu. J'ai quelque part,8ans doute, à ce qu'on lui fait faire.
VIRGINE
Qu'on est dupe souvent !
LE MARQUIS
Le plaisant de l'afTaire, C'est qu'Olympe qui croit par là me conserver, Brigue pour moi le cœur qu'elle veut m'enlever.
VIRGINE
Cependant vous aviez besoin de mon adresse. Quand j'ai suivi tantôt l'Amour et la Jeunesse.
LE MARQUIS
Et qu*as-tu dit pour eux?
VIRGINE
Qu'ils ont d'abord couru Se jeter en carrosse, et qu'ils ont disparu.
LE MARQUIS
Et la comtesse?
VIRGINE
Elle est dans une peine extrême, El semble partagée entre vous et vous-même. Je viens de lui vanter vos tendres sentiments, Elle a rendu justice à leui^s empressements; Puis, avec un soupir que l'amour a fait naître, «Que n'est-il l'Inconnu, «m'a-t-elle dit 1
LE MARQUIS
Peut-être, Si je me déclarais, son cœur sans embarras. Quoique touché pour moi, ne le sentirait pas. Ne précipitons rien.
VmGINB.
C'est l'humeur de la dame.
Le mérite la charme, il peut tout sur son âme ; Mais il faut lui laisser vouloir ce qu'elle veut.
LE MARQUIS
L'amour est consolé quand il fait ce qu'il peut. Elle parait; je vais pousser le stratagème, El faire quelque temps le jaloux de moi-même, C'est le plus sûr moyen d'affermir mon bonheur.