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SCÈNE III LA COMTESSE, LE CHEVAUER

LA COMTESSE

Eh quoi! toujours chagrin?

LE CHEVALIER

Hélas I Madame, ignorez-vous les ennuis qu'on me douoe? On ne le voit que trop, Olympe m'abandonne; Pour moi, pour mon amour, il n'est pi us de secours.

LA COMTESSE

Écoutons les amants, ils se plaignent toujours; La moindre vision, un rien, une chimère. C'est assez, leur chagrin nous en fait une affaire. Nous savons mal aimer.

J'ai voulu comme vous.

Traiter de noir chagrin mes sentiments jaloux ; Mais, et vous l'avez pu vous-même assez connaître, Olympe fuit sitôt qu'elle me voit paraître; Mon amour n'offre ici que des vœux superflus; Depuis qu'elle est chez vous, je ne la connais plus. Si j'obtiens qu'un moment elle souffre ma vue. C'est un froid qui me glace, un dédain qui me tue; Et, sur ce qu'à toute heure elle cherche à rêver. Je soupçonne un rival que je ne puis trouver.

LA COMTESSE

Qu*on est fou quand on aime I

LE CHEVALIER

Oui, blâmezmoi, madame.

LA COMTESSE

Quoi I vous ne savez pas ce que c'est qu'une femme. Et que lorsqu'elle veut mettre sa flamme au jour, Ses inégalités sont des marques d'amour? Souvent elle est chagrine, incommode, bizarre. Pour voir à quoi contre elle un amant se prépare, Et juger de son cœur par la soumission , Où celte rude épreuve a mis sa passion. Pour vaincre ses froideurs, il parle, il presse, il Et la paix succédant à cette brouillerie, [prie; Ce qu'il montre de joie à se raccommoder, Achève pleinement de la persuader.

LE CHEVALIER

Que je devrais chérir ce qui m'arrache l'âme, Si l'on n'avait dessein que d'éprouver ma flamme! Mais qui m'assurera qu'on me garde sa foi ? Qu'on ait le cœur touché de ma tendresse?

LA COMTESSE

Moi.

Ne vous alarmez point. Olympe est mon amie; Et, quand votre espérance encor mal affermie Du succès de vos feux vous laisserait douter,

J'ai quelque droit ici de me faire écouter; Ses chagrins passeront.

LE CHEVALIER

Vous me rendez la vie.

Souffrez, lorsqu'à l'espoir cette offre me convie, Que j'en marque ma joie, et...

(Il se met à genoux, et baise la main de la comtesse.)

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