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SCÈNE II LA COMTESSE, VIRGESE

LA COMTESSE

Elle a beau déguiser, je l'ai trop su connaître ; Elle aime le marquis.

VIRGINE

Cela pourrait bien être.

LA COMTESSE. [qUCT,

Je n'ai point à m'en plaindre. Avant que s'expli- Avec un autre amant elle veut m'embarquer ; Et si jamais l'hymen à l'Inconnu m'engage. Je lui dois du marquis abandonner l'hommage.

VIRGINE

Elle y gagnerait peu : les cœurs que vous prenez A soupirer pour vous sont longtemps destinés; Et le marquis...

Je crois, sans trop faire la vainc, Qu'à m'oublier sitôt il aurait quelque peine; Mais enfin, l'Inconnu que je brûle de voir, Quand arrivera-t-il ?

VIRGINE

Le voulez-vous savoir?

Un je ne sais quel bruit a frappé mes oreilles. Que des Bohémiens font ici des merveilles; Si vous les consultez, peut-être ils vous diront De quel côté vos vœux à la fin tourneront : Envoyez-les chercher.

LA COMTESSE

Sottise toute pure.

VIRGINE

Ils sont savants, dit-on, sur la bonne aventure.

LA COMTESSE

Par des Bohémiens éclaircir mon destin I

VIRGINE

Comment, vous allez bien chez madame Voisin? En sait-elle plus qu'eux?

LA COMTESSE

J'y vais par compagnie.

VIRGINE

Mon Dieul comme à beaucoup, c'est là votre ma* Les fenimes ont ce faible, on ne les peut tenir, [nie. Elles courent partout où se dit l'avenir; Et pour une réponse ou fausse ou véritable. J'en sais qui volontiers iraient trouver le diablo. Les avertira-t-on ?

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