‹ Théatre completChapitre 1243 sur 1461 · LA COMTESSE, OLYMPE, LE MÂRQUB, LE VICOMTE, VIRGINE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, OLYMPE, LE MÂRQUB, LE VICOMTE, VIRGINE

OLYMPE

Ah! Madame, J'ai trouvé l'Inconnu.

LA COMTESSE

Vous?

OLYMPE

Ouiymoi,daDSceboi^

LE VICOMTE

Justement.

OLYMPE

Vous savez que j'y vais quelquefois.

LE VICOMTE

Le plaisant personnage 1 n vous a fait bien riret

OLYMPE

Lui?

Sans doute. Écoutez ce qu'elle vous va diw

OLYMPE

Jamais je n'ai rien vu de si...

LE VICOMTE

Tranchcx le mot, De si bête.

OLYMPE

Gomment?

LE VICOMTE

Quoi, ce n'est pis un »t1

OLYMPE

Quels contes vous fait-il ?

LA COMTESSE

Ëcoutons-la, de grâce.

LE VICOMTE

Qu'elle parle à son aise, après je retiens place.

LA COMTESSE

Vous aurez audience à votre tour.

LTNGONNU, ACTE IV, SCÈNE VH.

LE YICOMTB.

Tant mieux.

OLYMPE

Tai peine à croire encore au rapport de mes yeux. Je révais dans le bois, quand, pour jouir de l'ombre, H'avançant lentement vers l'endroit le plussombre, Je trouve un cavalier qui, surpris de me voir. Me pend d'un air civil ce qu'il croit me devoir. Quels traits pourront suffire à lui rendre justice? Peignez-vous Adonis, figurez-vous Narcisse, Et tout ce que jamais on vanta de plus beau, (Test ne vous en ofi'rir qu'un imparfait tableau : Je voudrais l'ébaucher, et n'en suis point capable; II a le port divin, la taille incomparable. Et le ciel, pour lui seul, semble avoir réservé Ce qu*il eut de plus rare et de plus achevé. H marchait tout rêveur, et, m*ayant aperçue, 0 a voulu d'abord se soustraire à ma vue; J'en ai compris la cause, et, pour ne perdre pas L'heureuse occasion de sortir d'embarras : « Je vois par quel souci vous suivez cette route. Une aimable comtesse en est Tobjet, sans doute, » Ai-je dit. A ce nom, surpris, troublé, confus. Orna parlé longtemps en termes ambigus.

fèi remis le discours sur l'aimable comtesse, EtméDagé son trouble avecque tant d'adresse, One, trahi par lui-même, il n'a pu me cacher Ju'il était l'Inconnu que vous faites chercher; lais son nom est encor ce qu'il s'obstine à taire. Tâi voulu l'amener, et je ne l'ai pu faire : Ine paraîtra point qu'il ne puisse juger }ae son attachement ait su vous engager, ia conversation ravit, enchante, enlève; k personne commence, et son esprit achève. )Qe ne m'a-t-il point dit du bonheur qu'il se fait, )e ressentir pour vous l'amour le plus parfait? îes manières en tout sont douces, agréables, :l, si nous nous trouvions encor au temps des fables, «croirais que pour vous quelque dieu, tout exprès, ierait venu du ciel habiter ces forêts. hand pour un tel amant on prend de la tendresse, )i c'est faiblesse en nous, l'excusable faiblesse!

LB VICOMTE

hus peignez assez bien, le portrait n'est pas mal : Les beaux traits, mais néant pour son original. Fai vu l'Inconnu, moi, le vrai, ce qui s'appelle L'Inconnu régalant, le vôtre, bagatelle : Cest un fourbe qui veut causer de l'embarras.

OLYMPE

Tout rival est suspect, on ne vous croira pas.

LA COMTESSE

tais le vicomte a vu des marques de la fête : es mêmes gens qu'ici...

LE VICOMTE

J'ai vu de plus la bête, Le très vilain monsieur.

OLYMPE

U ne sait ce qu'il dit

Soit qu'on s'attache au corps, soit qu'on cherche

[l'esprit, L'Inconnu passe tout ce qu'il faut qu'on attende...

Page 1