‹ Théatre completChapitre 1255 sur 1461 · SCÈNE V LA MONTAGNE, représentant Zéphire^ ÂGLAURE · texte numérisé non relu

SCÈNE V LA MONTAGNE, représentant Zéphire^ ÂGLAURE

ZÉPHIRE

Quoi, tout de bon, vous êtes en colère D'un secret qui ne peut encor se révéler?

AGLAURE

Oui, c'est m'offenser que se taire, Quand je cherche à faire parler.

ZËPUIRE.

Il n'est intention meilleure que la mienne.

Si vos désirs ne sont pas exaucés, ^ C'est qu'un ordre d'en haut...

AGLAURE

Il n'est ordre qui tienne ; Je prie, et ce doit être assez.

ZÉPHIRE

Encor n'est-ce pas un grand crime De vous cacher le nom de l'amant de Psyché,

Quand vous voyez que l'amour qui l'anime A chercher à lui plaire est sans cesse attaché. Tout ce qui peut charmer les yeux et les oreilles. Se prodigue pour elle en ces aimables lieux ; Et jamais...

. AGLAURB.

Oui, ce sont merveilles sur merveilles; Mais notre sexe est curieux.

C'est peu pour nous de voir des fêtes ordonnées Avec un éclat sans pareil.

On compte à rien leur superbe appareil. Si Ton ne sait par qui ces fêles sont données. Que prétend un amant tant qu'il est inconnu ?

ZÉPHIRE

Sur le secret d'autrui je n'ai rien à vous dire; Quant au mien, on ne peut être plus ingénu, El dès qu'avecque vous je suis ici venu. Je vous ai découvert qu'on me nommait Zéphii*e.

AGLAURE

Vous êtes du nombre des vents.

Nous l'avons assez vu, quand par l'air enlevées Avec vous en ces lieux nous nous sommes trouvées;

Mais pourZéphire, je prétends Par tout ce que de vous vous me faites connaître. Que vous ne Têtes point, et ne le sauriez être.

ZÉPHIRE

Je ne suis point Zéphire I Et d'où vient?

AGLAURE

En tous lieux Zéphire se fait voir doux, complaisant, traitable ; Et vous êtes des vents le plus inexorable, Ou Borée, ou quelqu'autre encor moins gracieux.

ZÉPHIRE

Vous voulez que je sois Borée ?

Adieu; je vais souffler si froidement pour vous. Que vous aurez sujet d'en croire le courroux. Qui contre moi vous tient si déclarée.

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