SCÈNE V LA MONTAGNE, représentant Zéphire^ ÂGLAURE
ZÉPHIRE
Quoi, tout de bon, vous êtes en colère D'un secret qui ne peut encor se révéler?
AGLAURE
Oui, c'est m'offenser que se taire, Quand je cherche à faire parler.
ZËPUIRE.
Il n'est intention meilleure que la mienne.
Si vos désirs ne sont pas exaucés, ^ C'est qu'un ordre d'en haut...
AGLAURE
Il n'est ordre qui tienne ; Je prie, et ce doit être assez.
ZÉPHIRE
Encor n'est-ce pas un grand crime De vous cacher le nom de l'amant de Psyché,
Quand vous voyez que l'amour qui l'anime A chercher à lui plaire est sans cesse attaché. Tout ce qui peut charmer les yeux et les oreilles. Se prodigue pour elle en ces aimables lieux ; Et jamais...
. AGLAURB.
Oui, ce sont merveilles sur merveilles; Mais notre sexe est curieux.
C'est peu pour nous de voir des fêtes ordonnées Avec un éclat sans pareil.
On compte à rien leur superbe appareil. Si Ton ne sait par qui ces fêles sont données. Que prétend un amant tant qu'il est inconnu ?
ZÉPHIRE
Sur le secret d'autrui je n'ai rien à vous dire; Quant au mien, on ne peut être plus ingénu, El dès qu'avecque vous je suis ici venu. Je vous ai découvert qu'on me nommait Zéphii*e.
AGLAURE
Vous êtes du nombre des vents.
Nous l'avons assez vu, quand par l'air enlevées Avec vous en ces lieux nous nous sommes trouvées;
Mais pourZéphire, je prétends Par tout ce que de vous vous me faites connaître. Que vous ne Têtes point, et ne le sauriez être.
ZÉPHIRE
Je ne suis point Zéphire I Et d'où vient?
AGLAURE
En tous lieux Zéphire se fait voir doux, complaisant, traitable ; Et vous êtes des vents le plus inexorable, Ou Borée, ou quelqu'autre encor moins gracieux.
ZÉPHIRE
Vous voulez que je sois Borée ?
Adieu; je vais souffler si froidement pour vous. Que vous aurez sujet d'en croire le courroux. Qui contre moi vous tient si déclarée.