SCÈNE VI
AGLAURE, CÉPfflSE.
GÉPHiSB. [ainsi?
D^où vient, quand on me voit, que Ton vous quitte
AGLAURE
Je suis brouillée avec Zéphire ;
Je l'avais prié de me dire Le nom de l'Inconnu qui nous met en souci.
Sur ses refus j'ai perdu patience.
Et me suis échappée à quelques mots d'aigreur.
GÉPHISB. -
Croyez-moi, vous cherchez, ma sœur,
Une fatale connaissance.
Pourquoi ce désir curieux ?
Manquons-nous de plaisirs et de galantes fèies, Depuis qu'avec Psyché nous habitons ceslieui? Et quand vous apprendrez qui les tient toujours
Prétendez-vous en être mieux ? [prèles,
AGLAURE
11 est fort naturel de chercher à connaître Un amant qui s'obstine à se tenir caché.
GEPHISB.
Mais, s'il est connu de Psyché, Voyez-vous quel mal en peut naître?
Sa main paiera des feux si tendres et si dooit Et par leur paisible hyménée, La fête aussitôt terminée Ne charmera plus que l'époux.
Alors, où pour nous, je vous prie.
Seront et les jeux et les ris ?
Car enfin, folle est qui s'y fie.
Quand les amants sont maris.
Adieu la galanterie.
AGLAURE
Non, rinconnu doit être né Pour s'en faire toujours un plaisir nécessaire; Et son amour par l'hymen couronné.
N'aura pas moins d'ardeur de plaire.
CÉPHISE
Si vous me répondez que mari comme amant |
Nous le verrons toujours le même, Je saurai son secret.
AGLAURE
Vous le saurez ! Gomment?
Est-ce que Zéphire vous aime?
CÉPHISE
Le beau sujet d'étonnement ! |
Croyez- vous sa conquête une si grande affaire? Et, quand on me voit plus d'un jour, N'ai-je pas assez de quoi plaire Pour mériter un peu d'amour ?
AGLAURE
Voilà toujours votre folie, La plus belle jamais n'eut tant de bonne foi.
CÉPHISE
Je ne suis, si l'on veut, ni belle ni jolie, Mais j'ai certains je ne sais quoi