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LE FESTIN DE PIERRE, ACTE I, SCÈNE IIL

Par exemple, vous voir marier tous les mois.

D. JUAN

Est-il rien de plus doux? rien qui soit plus capa-

SGANABELLE. [blo...

Il est vrai, je conçois cela fort agréable ; Et c'est, si sans péché j*en avais le pouvoir, Un divertissement que je voudrais avoir : Mais sans aucun respect pour les plus saints mys- D. JUAN. [tères...

Ne t'embarrasse point, ce sont là mes affaires.

SGANARELLB.

On doit craindre le ciel, et jamais libertin N'a fait encor, dit-on, qu'une méchante fin.

D. JUAN

Je hais la remontrance ; et, quand on s'y hasarde...

SGANARBLLE.

Oh, ce n'estpasàvousque j'en fais! Dieu m'en garde, J*aurais tort de vouloir vous donner des leçons. Si vous vous égarez, vous avez vos raisons ; Et, quand vous faites mal, comme c'est l'ordinaire, Du moins vous savez bien qu'il vous plaît de lefaire. Bon cela; mais il est certains impertinents, A droit de fort esprit, hardis, entreprenants. Qui, sans savoir pourquoi, traitent de ridicules Les plus justes motifs des plus sages scrupules. Et qui font vanité de ne trembler de rien, Par l'entêtement seul que cela leur sied bien. Si j'avais par malheur un tel maître; « âme crasse » Lui dirais-je tout net, le regardant en face, « Osez-vous bien ainsi braver à tous moments Ce^que l'enfer pour vous amasse de tourments? Un rien, un mirmidon, un petit ver de terre. Au ciel impunément croit déclarer la guerre? Allez, malheur cent fois à qui vous applaudit. C'est bien à vous... » Je parle au maître que j'ai dit, <c A vouloir vous railler des choses les plus saintes, A secouer le joug des plus louables craintes. Pour avoir de grands biens, et de la qualité. Une perruque blonde, être propre, ajusté, [garde. Toute en couleur de feu, pensez-vous... >; Prenez Ce n'est pas vous au moins que tout ceci regarde. « Pensez-vous en avoir plus de droit d'éclater Contre les vérités dont vous osez douter? De moi votre valet, apprenez, je vous prie, Qu'en vain les libertins de tout font raillerie, Que le ciel tôt ou tard pour leur punition,.. »

D. JUAN

Paix.

SGANARELLE

Çà, voyons. De quoi serait-il question?

D. JUAN

De te dire en deux mots qu'une flamme nouvelle Ici, sans t'en parler, m'a fait suivre une belle.

SGANARELLE

Et n'y craiguez-vous rien pour ce commandeur D. JUAN. [mort?

Je Tai si bien tué, chacun le sait.

SGANARELLE

D'accord,

On ne peut rien de mieux; et s'il osait s'eDplain- Il aurait tort, mais... [dre,

D. JUAN

Quoi!

SGANARELLE

Ses parents sont à craindre.

D. JUAN

Laissons là tes frayeurs, et songeons seulement A ce qui peut me faire un destin tout charmint. Celle qui me réduit à soupirer pour elle. Est une fiancée aimable, jeune et belle, Et conduite en ces lieux où j'ai suivi ses pas, Par l'heureux, à qui sont destinés tant d'appas. Je la vis par hasard, et j'eus cet avantage. Dans le temps qu'ils songeaient à faire leurvoyage. Il faut te l'avouer. Jamais, jusqu'à ce joar, Je n'ai vu deux amants se montrer taot d'amoar. De leurs cœurs trop unis la tendresse visible, Me frappant tout à coup, rendit le mien sensible; Et les voyant céder aux transports les plusdoui, Si je devins amant, je fus amant jaloux. Oui, je ne pus souffrir, sans un dépit extrême, Qu'ils s'aimassent autant que l'un et l'autre s'aime, Ce bizarre chagrin alluma mes désirs.

Je me fis un plaisir de troubler leurs plaisirs, De rompre adroitement Tétroite intelligence. Dont mon cœur délicat se faisait une offense. N'ayant pu réussir, plus amoureux toujours, C'est au dernier remède enfin que j'ai recours. Cet époux prétendu, dont le bonheur me blesse, Doit aujourd'hui sur mer régaler sa maîtresse. Sans t'en avoir rien dit, j'ai dans mes intérêts Quelques gens, qu'au besoin, nous trouverons tout Us auront une barque, où la t)elle enlevée [prêts; Rendra de mon amour la victoire achevée.

SGANARELLE

Ah! Monsieur.

D. JUAN

Hé?

SGANARELLE

C'est là le prendre comme il faut; Vous faites bien.

D. JUAN

L'amour n'est pas un grand défaat

SGANARELLE

Sottise; il n'est rien tel que de se satisfaire. {A part,)

La méchante âme !

D. JUAN

Allons songer à cette affaire.

Voici rheure à peu près où ceux... Mais qn'o* Tu ne m'avais pas dit qu'Elvire était ici. [c«^*

SGANARELLE

Savais-je que sitôt vous la verriez paraître?

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