SCÈNE III D. LOUIS, D. JUAN, SGANARELLE, LA VIOLETTL
D. LOUIS
Ma présence vous choque, et je vois que sans peine, Vous pourriez vous passer d'un père qui vous gène. Tous deux, à dire vrai, par plus d'une raison. Nous nous incommodons d'une étrange façon; Et si vous êtes las d'ouïr mes remontrances, Je suis bien las aussi de vos extravagances. Ah ! Que d'aveuglement, quand, raisonnant en foos, Nos voulons que le ciel soit moins sage que nous, Quand sur ce qu'il connaît qui nous est nécessaire, Nos imprudents désirs ne le laissent pas faire. Et qu'à force de vœux nous tâchons d'obtenir Ce qui nous est donné souvent pour nous punir! La naissance d'un ftls fut ma plus forte envie, Mes souhaits en faisaient tout le bien de ma ?ie; Et ce ftls que j'obtiens est le mal rigoureux De ces jours que par lui je croyais rendre heureux. De quel œil, dites-moi, pensez-vous que je voie Ces commerces honteux qui seuls font votre joie, Ce scandaleux amas de viles actions Qu'entassent chaque jour vos folles passions, Ce long enchaînement de méchantes affaires, Où du prince pour vous les grâces nécessaires Ont épuisé déjà tout ce qu'auprès de lui Mes services pouvaient m'avoir acquis d'appui? Ah, ftls! Indigne fils! Quelle est votre bassesse, D'avoir de vos aïeux démenti la noblesse! D'avoir osé ternir par tant de lâchetés, Le glorieux éclat du sang dont vous sortez,