GARCIE
Holâ! des sièges.
D. ALVAR
Non, je ne saurais tarder.
(// parle bas à D. Garde,)
ISABELLE
0 ciel ! Que vois-je? Hélas, Jacinte, c'est lui-môme!
JACINTE
Qui, madame?
ISABELLE
C'est lui, cet inconnu que j'aime.
Qui m'a sauvé la vie, et dont je t'ai parlé.
D. ALVAR, à D. Garcie,
Enfin par ces désirs mon pouvoir est réglé; Sa volonlé le borne, et ma charge est expresse : Je vous dois de sa part demander sa maîtresse, La mener en carrosse, et la suivre â cheval.
D. GARCIB, ba$.
Tant de précautions sentent bien son brutal.
(Haut,)
Je n'ose sur ce point vous presser davantage, Et, sans plus différer, je consens au voyage : Vous voyez Isabelle en état de partir.
D. ALVAR, à habelie maiqiiée.
Des coups que vous portez on veut me garantir, Madame ; et si l'on cache à ma débile vue Les célestes attraits dont vous êtes pourvue, L'on connaît que l'éclat n'en peut élre souffert; Que je pourrais me perdre où tout autre se perd; Et, malgré le respect où mon âme est forcée, Permettre pour le moins un crime à ma pensée.
ISABELLE
Vous me confirmez bien cequ'on m'a toujours dit, Que la civilité n'est pas toute à Madrid.. Trouver lieu sans me voir à tant de flatterie, C'est le dernier effet de la galanterie : Mais peut-être tantôt, lorsque vous me verrez, D'un pareil compliment vous vous repentirez. Vous changerez sans doute et d'âme et de langage.
D. ALVAR
Moi, madame,en changer? Ce sentimentm'outrage. Et vous devez penser qu'au mérite toujours...
D. GARCIE
C'est trop continuer d'inutiles discours. Partons, puisqu'il le faut.
D. ALVAR
Il n'est pas nécessaire Que vous quittiez Madrid pour une telle affaire.
D. GARCIB.
Je ne vous suivrais point! Et parquette raison?
D. ALVAR
Don Bertrand le défend.
D. GARCIB.
Moi, garder la maison.
Et souffrir que d'un autre il reçoiv6 Isabelle !