DON BERTRAND DE CIGARRAL, ACTE II, SCÈNE I
li me prend pour un homme à bien lourde cervelle.
D. ALVAR
D croit par ce billet que je dois vous laisser, Vous ôter sur ce point tout lieu de balancer; Et veut, comme bon gendre, épargner à votre âge La peine et l'embarras de faire ce voyage.
D. nARCIE.
Eo effet, Yllescas est bien loin de Madrid !
D. ALVAR
Enfio, vous résoudrez sur ce qu*il a souscrit.
D. GABCIB, Ht,
<f Pardevaat Alonso Ruys et Domingo Sanchez, « notaires royaux à Tolède, est comparu don Ber- « Iraod de Cigarral, lequel de son bon gré, et « sans aucune contrainte, a reconnu et confesse ■ avoir reçu de don Garcie de Contreras une sienne « fille, avec ses tâches bonnes ou mauvaises, se » soumettant d*eu faire au plus tôt son épouse légi- « time, et de la lui rendre telle et aussi entière « toutefois et quantes qu^elle lui pourra être « demandée pour nullité de fait. En témoin de « quoi ils ont signé.
■ A Tolède> ce 19 de mai 1651.
» D. Bertrand ob Cigarral.
" Alonso Ruvz.
« Domingo Sanchez. »
isabelle.
A-t-on jamais parlé de telle extravagance?
D. GARCIE
fl a perdu l'esprit avecque sa quittance. Traiter ainsi ma fille! Où diable a-t-il pensé De Tattendre au moyen de son récépissé ?
{A don Aivar.) [çonue?
lais de grâce, entre nous, qu'est-ce qu'il en soup- Croit-il que je la vends, ou bien que je la donne?
D. ALVAR
Ce caprice pour lui m'oblige de rougir ;
Mais j'ai beau l'en blâmer, c'est sa façon d'agir,
II ne peut s'en défaire.
ISABELLE
Elle est assez étrange.
D. GARCIE, à Isabelle»' Ne t'inquiète point, en moins de rien on change; n ne sera pas tel que nous nous figurons, Etoous recevra mieux que nous ne l'espérons. Ne difTéroQS donc plus, et partons sans remise.
Hélas, quelle espérance à mon âme est permise 1