AMANTI
Qu'on ait une belle en tête.
Quoiqu'on abonde en esprit.
Pour en faire la conquête, Il n'est figure de bête Que le plus sage ne prit.
Le chef représenté par Damis sous le nom de Belloglaise, marche après, la pique à la maio, et vêtu à la romaine. Son casque est garni de plumes de sa livrée, avec une grande aigrette. Sa longue mante est bleue, et portée par un page polootis. On voit à ses côtés deux grands Polonais ayant leur cimeterre en écharpe, et des haches d'armes dorées. Un peu après lui paraissent trois che^aliers vêtus à l'antique, avec leurs casques garnis de plumes. Ces trois devises qui sont peintes sur leurs écus, sont à l'avantage des dames, ainsi que toutes les autres.
Un héliotrope qui regarde le soleil, avec ces mots : AUN su ausbnua me marchita.
Rien n'est égal à leur constance.
Voyez Clytie en fleur qui sèche encor d'ennui, Sitôt que du soleil elle perd la présence; Mais aussi le soleil est un dieu d'importance Et l'on voit peu d'amants qui soient faits comme loi
Des roses en boutons, avec ces mots : hbrmosas
DESDB QUE NACBN.
Elles n'ont pas besoin d^un grand nombre d'années Pour étaler aux yeux de quoi se faire aimer, Puisqu'à peine sont-elles nées, Que leurs jeunes attraits ont l'art de tout charmer.
Hercule filant auprès d'Omphale, avec ces mois:
A CHE NON SFORZANO.
Ne traitez point d'abaissement
La servitude d'un amant, Qu'aux plus abjects emplois sa passion ravale. Quand une fois on s'est laissé charmer, Rien ne doit faire honte à qui sait bien aimer,
Hercule a filé pour Omphale.
Ce quadrille s'arrête au miHeu de sa marche, ei son maréchal de camp donne ces vers au maréchal de camp général, qui les va porter aux dames sur leur échafaud.
LE TRIOMPHE DES DAMES, ACTE V