SCENE II ELISABETH, LA DUCHESSE, TILNEY
ÉUSABETU.
Hé bien, duchesse, à quoi Ont pu servir les soins que vous prenez pour moi? Avez-vous vu le comte, et se rend-il traitable?
LA DUCHESSE
Il fait voir un respect pour vous inviolable; Et si vos intérêts ont besoin de son bras. Commandez, le péril ne l'étonnera pas; Mais il ne peut souffrir, sans quelque impatience, Qu'on ose auprès de vous noircir son innocence, Le crime, l'attentat, sont des noms pleins d'horreur Qui mettent dans son âme une noble fureur; Il se plaint qu'on l'accuse, et que sa reine écoute Ce que des imposteurs...
Je lui fais tort, sans doote.
Quand jusqu'en mon palais il ose m'assiéger; Sa révolte n'est rien, je la dois négliger; Et ce qu'avec l'Irlande il a d'intelligence, Marque dans ses projets la plus haute innocence. Ciel! Faut-il que ce cœur qui se sent déchirer, Centime un sujet ingrat tremble à se déclarer? Que ma mort qu'il résout me demandant la sienne, Une indigne pitié, m'étonne, me retienne, Et que toujours trop faible, après sa lâcheté, Je n'ose mettre enfin ma gloire en sûreté? Si l'amour une fois laisse place à la haine, 11 verra ce que c'est que d'outrager sa reine, Il verra ce que c'est que de s'être caché Cet amour où pour lui mon cœur s*est relàcbc. J'ai souffert jusqu'ici; malgré ces injustices. J'ai toujours contre moi fait parler ses services; Mais puisque son orgueil va jusqu'aux attentats. Il faut en l'abaissant étonner les ingrats; Il faut à l'univers qui me voit, me contemple, D'une juste rigueur donner un grand exempICi Il cherche à m'y contraindre, il le veut, c'est assei.