‹ Théatre completChapitre 140 sur 1461 · SCÈNE VI D. ALVAR, GUZMAN · texte numérisé non relu

SCÈNE VI D. ALVAR, GUZMAN

Jamais fou plus avant poussa-t-il sa folie?

GUZMAN

S'il n'amende bientôt, il faudra qu'on le lie : Mais tantôt à vous voir j'ai resté tout confus, Vous soupiriez?

D. ALVAR

Hélas! ne t'en étonne plus, Je meurs pour Isabelle, et mon âme asservie...

GUZMAN

I^us m'avez déjà dit qu'elle vous doit la vie, Et je devine trop que cet événement...

D. ALVAR

Est la source des maux que je souffre en aimant. J'ai rencontré la mort dans mon champ de victoire, Et j'en viens de conter la pitoyable histoire : Que si jusques ici je l'en ai fait secret. On m'en avait prié, Guzman; je suis discret.

GUZMAN

Je crois, si don Bertrand savait ce qui se passe, Qu'il vous en pourrait faire assez laide grimace, Et que Léonor même en ayant quelque vent, S'en évanouirait encore plus souvent.

Car elle vous en veut, monsieur.

D. ALVAA.

La digne aman tel

GUZMAN

Elle vous est, je pense, assez indifférente?

Si pesante de corps, et l'esprit si léger.

Sœur d'un frère si fou, qui voudrait s'en charger?

Mais elle te parlait tantôt?

GUZMAN

Oui, pour me dire Qu'elle veut cette nuit vous conter son martyre. Qu'elle ne fermera sa porte qu'à demi, Et que quand vous croirez don Bertrand endormi, Vous alliez la trouver, elle vous fera fête; N'y manquez pas.

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