DON BERTRAND DE CIGARRAL, ACTE III, SCÈNE I
Il s'est bien adressé pour rencontrer sa dupe ; Mais comme il se fait tard, un autre soin m'occupe. De quoi souperons-nous? Ma maîtresse, allons voir Si l'hôte a quelque chose à nous donner ce soir, Nous choisirons ensemble un morceau de régale, Venez.
(// lui présente ta main sans gant,) ISABELLE.
Ah!
D. BEnTRAND.
Ce n'est rien, ce n'est qu'un peu de gale, Je tâche à lui jouer pourtant d'un mauvais tour; Je me frotte d'onguent cinq ou six fois par jour, Il ne m'en coûte rien, moi-môme j'en sais faire; Mais elle est à l'épreuve, et comme héréditaire : Si nous avons lignée, elle en pourra tenir, Mon pèreen mon jeuneâgeeutsoin de m'en fournir; Ma mère, mon aïeul, mes oncles et mes tantes Ont été de tout temps et galants et galantes; C'est un droit de famille où chacun a sa part; Quand un de nous en manque il passe pour bâtard.
D. GARCIE
Elle vous tient donc lieu de lettres de noblesse?
ISABELLE
Le cœur me va manquer, si ce discours ne cesse.
D. BERTRAND
Je vous entends, la belle, allons le raffermir, Et puis nous songerons un moment à dormir.