MATHURINE, LA COMTESSE, LE MARQUIS, MADAME JOBIN
MATHURINE, à la devinereMMe^ en entrant. Voilà un honnête gentilhomme qui vous attend il y a longtemps.
LE MARQUIS, à la comteite.
Gardez-vous bien de vous laisser voir.
MADAME JOBIN
Je suis fâchée de n'avoir pu descendre plus tôt.
LE MARQUIS
Tant de gens vous viennent chercher de tous
côtés, qu'en quelque temps que ce soit on est trop heureux de vous parler.
MADAME JOBIN
Je voudrais pouvoir satisfaire tout le monde, mais on me croit bien plus habile que je ne suis.
LE MARQUIS
Nous venons à vous, madame et moi, avec une entière confiance; car on nous a tant dit de merveilles...
MADAME JOBm.
Laissons cela. De quoi s'agit-il?
LE MARQUIS
Je suis de bonne maison, pas tout à fait riche. La personne que vous voyez est la plus considérable héritière de Languedoc, je l'ai enlevée. Nous nous sommes mariés. Son père me veut faire faire mon procès. Il cherche sa fille. Elle se cache. On s'emploie pour l'obliger à nous pardonner. On n'en peut venir à bout. D est question de le fléchir. Vous faites des choses bien plus difBciles. Tireznous d'affaires. 11 y a deux cents pistoles pour vous.
LA COMTESSE
La faute n'es pas tan grande. L'amour fa faire quado jour de pareillos causes, et vous nou serex pas fachado de nous abé rendnt l'on repaux.
MADAME JOBIN
Ce que vous voulez n'est pas entièrement impossible.
LE MARQUIS
Je sais que le moindre de vos secrets suffira pour nous. Voilà trente louis dans une bourse. Prenezles d'avance, et nous secourez.
LA COMTESSE
Yeu vous dounaray de moun coustat. Fasex mé ben remetré anbé moun peire.
MADAME JOBIN
Il est en Languedoc?
LE MARQUIS
Il fait ses poursuites au parlement de Toulouse.
MADAME JOBIN
Nous le gagnerons. Il faudra peut-être un pea de temps pour cela.
LA COMTESSE
N'importe.
Je vais vous dire ce que vous ferez. Écrivez-lai.
LA COMTESSE
El deschiro mas letros sans voulé legi.
MADAME JOBIN
Quand j'aurai fait quelque cérémonie surlepmpier, écrivez. Pourvu qu'il touche la lettre, vous verrez la suite.
LA COMTESSE
Yeu faray ben quel la tonqnara.
MADAME JOBIN
C'est assez.
LE MARQUIS, à la eomtetêe.
Que j'ai de joie! Nous voilà hors d'embarrts.
LA DEVINERESSE, ACTE lU, SCÈNE VI.
Madame dira quelques paroles sur le papier, et avec le temps le papier touché fera son effet.
LA COMTESSE
Douoay mé promptemen d'aquel papié.
MADAME JODIN.
Je vous en apporte dans un moment.
LE MARQUIS, ù la devineresse.
Deux mots, je vous prie, avant que vous nous quittiez. Nous nous sommes mariés par amour. On veut que ces sortes de mariages ne soient pas beureux. Que pouvons-nous attendre du nôtre? MADAME JOBIN, regardant fixement le marquis.
Assez de bonheur, au moins cela me parait; car je ni*arréte plus aux traits du visage qu'aux lignes des mains. Je vous en parlerais plus assurément si madame voulait se montrer.
LA COMTESSE
Dispensai mé, yeu vous prégué; yeu ai milo rasons que me deffendon de mé laissa veiré.
LE MARQUIS
En faisant le charme pour le papier, n*en pourrez-vous pas faire quelqu'un qui vous découvre ce que je voudrais savoir?
MADAME JOBIN
Vous serez content, laissez-moi faire.