BRADAMANTE, ACTE II, SCÈNE I
Mais avoir consenti qu'il ait, pendant six mois, Essayé par ses soins de mériter son choix, Avoir pu l'écouter, sans dédain, sans colère. N'est-ce pas faire voir qu'elle immole mon frère ? Et que peut un absent dans ses devoirs rendus. Contre Tofifre d'un trône, et des soins assidus.
ISMÉNE.
Mais craignant en secret que Bradamante l'aime. Quand vous la condamnez, n'est-ce pointpourvous- Et Léon vous est-il assez indifférent... [môme?
MARPHISE
Au plaisir de régner la plus flère se rend. Je l'avoue, et Léon, s'il m'offrait son hommage. D'un indigne refus n'essuyerait pas l'outrage. Te faut-il dire plus? D'un sentiment jaloux Ma vanité blessée anime mon courroux.
Il aime Bradamante, a-t-elle plus de charmes, A-t-clle plus que moi du renom dans les armes? Ai-je moins de mon bras signalé la valeur? Enfin, soit pour Roger dont je plains le malheur. Soit pour moi, qui voudrais une gloire éclatante, Je ne puis voir Léon amant de Bradamante ; Et pour rompre les nœuds qui les pourraient unir, Il n'est point d'entreprise où je n'ose venir. Si contre leur hymen je n'ai point d'autre voie... Mais quevois-je?Timaole! Ah, quel sujet de joie! Pour finir les ennuis soufferts jusqu'à ce jour.