SCÈNE II BRADAMANTE, ROGER
RRADAMANTE.
Que VOUS disait Marphise ? Elle semble douter Qu'à l'éclat des grandeurs je veuille résister. Le trône où de Léon l'hymen peut me conduire. En faveur de sa flamme a de quoi me séduire ? A défendre vos droits je puis manquer de cœur. Trahir votre tendresse, et souffrir un vainqueur?
ROGER
Pardonnez-lui, madame, un soupçon téméraire. C'est une sœur sensible aux intérêts d'un frère. Elle sait, connaissant l'excès de mon amour. Qu'il faut, si je vous perds, que je perde le jour. Abandonnez Roger, je renonce à la vie.
RRADAMANTE.
Je ne combattrais pas si j'avais cette envie. Ce fut pour vous garder et mon cœur et ma main, Que d'un fameux défi je formai le dessein ; Du titre d'infidèle il m'épargne la honte. Combattant, je crains peu que Léon me surmonte,