SCÈNE III D. FÉLIX, MENDOCE, GUZMAN caché
D. FÉLIX
Marche sans faire bruit.
GUZMAN, bas.
L'heure est bien indécente, Sont-ce point des galants qui cherchent laservan-
MENDOCE. [te?
Si l'amour tourmentait chacun également.
Malheur plus de cent fois à qui serait amant : Tout le monde à présent paisiblement repose, Et vous seul. .
D. FÉLIX
A ma mort souffre que je m'oppose.
Que je voie Isabelle, et tâche à détourner Le coup trop inhumain qui doit m'assassiner : 11 faut que je lui parle.
MENDOCE
Et vous osez prétendre.
Qu'Isabelle à minuit soit prête à vous entendre, Elle qui vous méprise avec tant de fierté?
n. FÉLIX.
Mon amour est pour elle une nécessité, Pour ne pas se résoudre à vivre infortunée Sous les honteuses lois d'un indigne hyménée. Sais-tu quelle est sa chambre ? En as-tu pris souci?
MENDOCE
Oui, je crois l'avoir vue entrer en celle-ci.
D. FÉLIX
Ne te trompes-tu point?
MENDOCE
Non, c'est ici sans doute.
Frappe tout doucement. S'éveille-t-elle ? Écoute.
MENDOCE
Je pense ouïr marcher. L'on ouvre.
D. FÉLIX
Éloigne-loi.