DON BERTRAND DE CIGARRAL, ACTE III, SCÈNE IV
Mais je découvre trop dans ce trisle revers Pourquoi vous me perdez et pourquoi je vous perds. Vous aimez Léonor, Léonor vous engage, Elle seule aujourd'hui charme votre courage, Et je ne puis prétendre à m*acquérir un cœur Qui reconnaît les lois d'un plus noble vainqueur.
D. ALVAR
Par ce jaloux soupçon, allez, allez, madame, Au-devant de celui qui règne dans votre âme.
ISABELLE
D*où vous pourrait venir ce sentiment jaloux, Quand je romps un hymen seul à craindre pour
D. ALVAR. [vous?
Seul à craindre pour moi? don Félix vous adore.
ISABELLE
Que peut-il contre vous? Je le hais, je l'abhorre.
D. ALVAR
El que peut Léonor, puisqu'un juste mépris Fut toujours de son feu l'unique et digne prix?
ISABELLE
Enfin donc vous m'aimez?
Mon amour est extrême, En puîs-je croire autant? M'aimez-vous?
ISABELLE
Je vous aime, Mais il faut empêcher...
GUZMAN
Brisez tout court ici, On ouvre quelque porte, entrez.
ISABELLE, ù D, Àlvar qui la iuii dam sa chambre.
Quoi, vous aussi!
JACINTE
Que soupçonnerait-on de le voir à telle heure?
UUZHAN.
Entrez vite.
ISABELLE
Et Guzman?
D. ALVAR
Il vaut mieux qu'il demeure, Et qu'il fasse le guet, afin de m'avertir, Aussitôt qu'il croira que je pourrai sortir.
(Guzman te retire dans le coin de la galerie,)