‹ Théatre completChapitre 148 sur 1461 · SCÈNE VII D. ALVAR, GUZMAN · texte numérisé non relu

SCÈNE VII D. ALVAR, GUZMAN

GUZMAN

Monsieur.

I^.ALTAB, M/r'ottrranl la chambre d*J$abeHe comme prêt d'en sortir, Puis-je sortir?

GUZMAN

Oui, vite, il en est temps :

Mais j'entends don Bertrand.

D. ALVAR

Quel malheur m'accompagne 1

GUZMAN

Centrez, encore un coup, le diable est campagne.

D. BERTRAND, D. ALVAR ET JACINTE tfm la chambre d'IsabeUe, GUZMAN.

D. BBRTRAND, Vépée à la main, Qoi va là? Qui va là, pour la secondé fois? rai pourtant à ma porte entendu quelques voix, Od j faisait du bruit, il faut que je le sache, k chercherai partout, malheur à qui se cache. Mais je pense entrevoir un homme dans ce coin, Tâchons de nous munir de courage au besoin.

Parle, qui que tu sois, ou bien je t'estropie.

GUZMAN

Ne vous pressez point tant, rengainez,je vous prie.

D. BERTRAND

Dis ton nom.

GUZMAN

C'est Guzman. Vous m'avez fait blêmir.

D. BKRTUANO.

Que fais-tu là?

GUZMAN

Je cherche une place à dormir.

D. BERTRAND

Le lieu n'est pas mal propre.

GUZMAN

Ailleurs, ou là, qu'importe; Je fais communément mon gîte à quelque porte : Étant né des Gourmands, digne race des gueux, Je me couche toujours sur la dure comme eux.

(// s'éloigne de ta porte d* Isabelle,) Mais de fi^ràce, monsieur, quelle heure peut-il être? Le ciel est étoile, vous l'y pourrez connaître.

D. BERTRAND

Sans lune et sans cadran? Mais viens çà, c'était toi Qui frappais à ma porte, il faut dire pourquoi.

GUZMAN

Je cherchais du repos, loin de troubler le vôtre,

D. BERTRANO.

Si quelqu'un avait pris une porte pour l'autre : Je veux m'en éclaircir.

(// veut aller à la chambre d* Isabelle^ et Guzman le retient,) GUZMAN.

Monsieur, il m'en souvient.

Ce doit être sans doute un esprit qui revient, Je crois même avoir vu quelque grande ombre noi re ; Et la chose n'est pas trop difficile à croire. Car l'hôte m'a conté qu'on entend quelquefois Dans cette galerie un bruit confus de voix. Un lutin qui tantôt soupire, et tantôt gronde. Mais qui né se fait pas entendre à tout le monde : Vous l'aurez ouï seul, c'est d'où venait ce bruit.

D. BERTRAND

Et tu viens cependant passer ici la nuit?

GUZMAN

J'incague les esprits.

D. BERTRAND

Certain désir me presse D'aller voir en tout cas ce que fait ma maîtresse.

GUZMAN, Varrétant, Que pourrait-elle faire à présent? Elle dort.

D. BERTRAND

Écoutons de plus près, ronflé-t-elle bien fort? Je ne voudrais pour rien d'une femme ronflante.

GUZMAN

Soit qu'elle veille ou dorme, elle est fort patiente; On ne l'entend jamais.

D. BERTRAND

Je m'en vais réveiller.

Car j'ai démangeaison beaucoup do babiller;

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