SCÈNE VII D. ALVAR, GUZMAN
GUZMAN
Monsieur.
I^.ALTAB, M/r'ottrranl la chambre d*J$abeHe comme prêt d'en sortir, Puis-je sortir?
GUZMAN
Oui, vite, il en est temps :
Mais j'entends don Bertrand.
D. ALVAR
Quel malheur m'accompagne 1
GUZMAN
Centrez, encore un coup, le diable est campagne.
D. BERTRAND, D. ALVAR ET JACINTE tfm la chambre d'IsabeUe, GUZMAN.
D. BBRTRAND, Vépée à la main, Qoi va là? Qui va là, pour la secondé fois? rai pourtant à ma porte entendu quelques voix, Od j faisait du bruit, il faut que je le sache, k chercherai partout, malheur à qui se cache. Mais je pense entrevoir un homme dans ce coin, Tâchons de nous munir de courage au besoin.
Parle, qui que tu sois, ou bien je t'estropie.
GUZMAN
Ne vous pressez point tant, rengainez,je vous prie.
D. BERTRAND
Dis ton nom.
GUZMAN
C'est Guzman. Vous m'avez fait blêmir.
D. BKRTUANO.
Que fais-tu là?
GUZMAN
Je cherche une place à dormir.
D. BERTRAND
Le lieu n'est pas mal propre.
GUZMAN
Ailleurs, ou là, qu'importe; Je fais communément mon gîte à quelque porte : Étant né des Gourmands, digne race des gueux, Je me couche toujours sur la dure comme eux.
(// s'éloigne de ta porte d* Isabelle,) Mais de fi^ràce, monsieur, quelle heure peut-il être? Le ciel est étoile, vous l'y pourrez connaître.
D. BERTRAND
Sans lune et sans cadran? Mais viens çà, c'était toi Qui frappais à ma porte, il faut dire pourquoi.
GUZMAN
Je cherchais du repos, loin de troubler le vôtre,
D. BERTRANO.
Si quelqu'un avait pris une porte pour l'autre : Je veux m'en éclaircir.
(// veut aller à la chambre d* Isabelle^ et Guzman le retient,) GUZMAN.
Monsieur, il m'en souvient.
Ce doit être sans doute un esprit qui revient, Je crois même avoir vu quelque grande ombre noi re ; Et la chose n'est pas trop difficile à croire. Car l'hôte m'a conté qu'on entend quelquefois Dans cette galerie un bruit confus de voix. Un lutin qui tantôt soupire, et tantôt gronde. Mais qui né se fait pas entendre à tout le monde : Vous l'aurez ouï seul, c'est d'où venait ce bruit.
D. BERTRAND
Et tu viens cependant passer ici la nuit?
GUZMAN
J'incague les esprits.
D. BERTRAND
Certain désir me presse D'aller voir en tout cas ce que fait ma maîtresse.
GUZMAN, Varrétant, Que pourrait-elle faire à présent? Elle dort.
D. BERTRAND
Écoutons de plus près, ronflé-t-elle bien fort? Je ne voudrais pour rien d'une femme ronflante.
GUZMAN
Soit qu'elle veille ou dorme, elle est fort patiente; On ne l'entend jamais.
D. BERTRAND
Je m'en vais réveiller.
Car j'ai démangeaison beaucoup do babiller;