‹ Théatre completChapitre 162 sur 1461 · DON BERTRAND DE CIGARRAL, ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

DON BERTRAND DE CIGARRAL, ACTE IV, SCÈNE III

Jaser? Comme une pie; Tant de raisons en Tair de ceci, de cela. Qu'enfin je crus devoir y mettre le holà. Je suis bien à mon aise avec mon mariage!

GUZMAN

Quoi, vous l'épouseriez? Vous, monsieur?

D. BERTRAND

J'en enrage :

Mais don Garcie...

GUZMAN

Hé bien, se veut-il mutiner?

D. BERTRAND

C'est un vieillard colère, et jusqu'à dégaioer.

GUZMAN

Dégainez.

D. BERTRAND

Au besoin, tu manques de prudence.

S'il faut que je le tue?

GUZMAN

Il sera mort, je pense.

D. BERTRAND

Ensuite d'un combat où j'aurai tout risqué, Si mon bien se confisque?

Il sera confisqué.

D. BERTRAND

Toi-même, en pareil cas, te voudrais-tu bien battre?

GUZMAN, mettant Pépée à la main.

Ah ventre 1 Ah tète I Ah sang I

D. BERTRAND

Tu fais le diable à quatre !

GUZMAN

Qui vive? Par la mort, vous en avez menti.

O. BERTRAND

Guzman a du courage.

GUZMAN

Il est déjà parti; Et je tiens comme vous, que de flamberge nue La vision est laide, et blesse fort la vue ; S'il m'en fallait tâter, je pourrais filer doux. Et je ne me battrais, ma foi, non plus que vous.

D. BERTRAND

L'on y peut beaucoup perdre, et Ton n'y gagne guè- GUZMAN. [res.

Si le jeu vous déplaît, songez à vos afi'aires.

D. BERTRAND

Pourquoi ?

GUZMAN

Ce don Félix est un méchant garçon.

Et veut faire avec vous le coup d'estramaçon. Comme ofi'ensé, dit-il, sans raison raisonnable.

Ces esprits de Madrid sont prompts comme le diable.

GUZMAN

C'est un lancier bien rude à qui s'ose y jouer.

D. BERTRAND

Que ne suis-je à Tolède! il faut l'amadouer; Car tentant le hasard, sur quoi que je me fonde,

Il me faudrait quitter le pays ou le monde; Et je me trouve bien, ma foi, dans tous les deai. Mais, diable, le voici ce redoutable preux ! Ah, pauvre don Bertrand!

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