D. BERTRAND, D. FEUX, ISABELLE, LÉONOR, JACINTE, GUZMAN
LÉONOR
L'heure de déloger, mon frère, est-elle prise? Le cocher est tout prêt, et l'on n'attend que vous.
D. BERTRAND
Oui, bienlôt. Approchez, belle nymphe aux yeux Donnez-moi votre main. [doux,
Que prétendez- vous faire ?
D. BERTRAND
Touchez là.
(// veut obliger Uabelle à toucher dam la main
de D, Félix).
ISABELLE
Moi?
D. BERTRAND
Vous, vile, et sans plus de mystère.
Don Félix vous en conte, il est de vous chéri, Je vous fais son épouse, et lui votre mari : Je ne fus convoileux jamais du bien d'un autre.
ISABELLE
Pouvez-vous me donner si je ne suis pas vôtre?
D. BERTRAND
Sacher qu'onques à vous n'appartint tel honneur.
D. FÉLIX, à Itabelle, Puisqu'enfin mon rival consent à mon bonheur, J'ose vous demander l'efTet de vos promesses.
ISABELLE
Que vous ai-je promis ?
D. BERTRAND
Mettons bas les finesses.
L'on sait ce que l'on sait, et... Mais je ne dis mot; Si plus on m'y retient, je veux passer pour sot.
Madame, à quel dessein voulez-vous ici feindre? Don Bertrand vous cédant, vous n'avez rien à crainiSABELLE. [dre.
Quel droit peut-il avoir de me donner à vous?
O. FÉLIX
Me faut-il un tel droit pour être votre époux? Etn'ai-je pas...
ISABELLE
Quoi?
D. FÉLIX
Déjà reçu parole?
ISABELLE
De qui? Quand?
D. FÉLIX
Celte nuit, de vous.