SCÈNE V D. FÉLDC, LÉONOR
LÉONOR
Vous rêvez, je m'assure, aux mépris disabelle?
D. FÉLIX
Ah, laissez-moi, de grâce, oublier l'infidèle.
LÉONOR
Vous partez, m'a-t-on dit?
D. FÉLIX
Oui, je m'éloigne enfin.
Et vais l'abandonner à son mauvais destin.
LÉONOR
Ah, vous De savez pas encor ce qui se passe ; Ce n'est qu'à don Alvar que vous cédez la place, A l'amour de ce traître Isabelle se rend.
D. FÉLIX
Don Bertrand, don Alvar, tout m'est indifférent, Et mon départ bientôt lui va faire connaître Qu'elle est en liberté de se choisir un maître ; Ccst par le mépris seul qu'on venge le mépris.
LÉONOR
Eh, de grâce, changez un dessein trop tôt pris. Différez ce départ, vous m'êtes nécessaire.
D. FÉLIX
3ie pouvant rien pour moi, pour vous que puis-je LÉONOR. [faire?
Do traître don Alvar empêcher le projet : De ses feux Isabelle est le plus cher objet. Et je ne doute point que par votre présence Vous ne rompiez le cours de leur intelligence.
O. FEUX
Vous raimez?x
LÉONOR
Je l'adore, et l'ingrat me trahit.
D. FÉLIX
Mais dans un rendez-vous, à ce que l'on m*a dit. Sa flamme celte nuit pour vous s'est fait paraître?
LÉONOR
C'est ce qui me confond, il le veut méconnaître.
D. FÉLIX, à part.
En quel aveuglement ai-je été jusqu'ici !
Tu m'as dit vrai, Jacinte, et j'en suis éclairci.
LÉONOR
Que dites-vous ?
Enfin soyez désabusée D'une erreur que la nuit entre nous a causée. Dans l'ombre de la nuit, d'amour préoccupés. Nous nous sommes tous deux également trompés; Vous, touchant don Alvar, moi touchant Isabelle; Vous me preniez pour lui, je vousprenais pour elle.
LÉONOR
Quoi je vous ai parlé cette nuit?
(tei D, Bertrand parait qui les écoule,)
D. FÉLIX
Oui, c'est moi Qui cette même nuit vous ai promis ma foi. Et me suis engagé de tout mettre en pratique Pour vous soustraire au joug d'u n pouvoir tyranni- Abuserdon Bertrand, vous tirer de ses mains, [que, Et faire réussir de plus justes desseins; Mais j'ai cru qu'en efl*et,..