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LE CHARME DE LA VOIX, ACTE II, SCÈNE IL

Vous trouverez matière à ne finir jamais; L'amour est ombrageux.

LE DUC

Et Fénise trop belle Pour ne pas craindre tout lorsqu'on brûle pour elle.

FABRICE

Itos ce que votre esprit s'en figure d'appas, Hk peut être belle et ne vous plaire pas ; [ble, Car ûplasbelle enfin, quelques traits qu'elle assem- K'e^pas celle qui l'est, mais celle qui le semble.

LE DUC

Qoi t'a fait si savant en matière d'amour?

FABRICE

Oq est en bonne école en pratiquant la cour; £1 le plus ignorant que le ciel a fait nattre, Anx leçons qu'on y prend y devient bientôt maître. Mais enfin, en aimant, qui croyez- vous aimer?

LE DUC

L'objet seul dont l'empire a droit de me charmer. Je m'en offre une idée et si noble et si belle. Que je ne sache rien qui puisse approcher d'elle.

FABRICE

Tant pis; car ce portrait dans votre cœur gravé \ doilafoir déjà son autel élevé; & si l'original était fort dissemblable...

Td qu'il soit, à mes yeux il faut qu'il soit aimable. De sa divine voix j'en crois le doux effet. Le ciel ne laisse point son ouvrage imparfait : El l'amour sans succès entre peu dans une âme. Lorsque la sympathie en fait naître la flamme.

FABRICE

Pour moi qui ne sais point tant de raffinement. J'aimerais mieux aimer moins sympalhiquement. Deux yeux un peu fripons aidés d'un souris tendre, Sont beaux à regarder avant que de se rendre, Les blessures qu'ils font sont de meilleur aloî. Et s'il en faut mourir, au moins sait-on pourquoi.

LE DUC

Tais4oL J'entends marcher, on vient à nous, écoute.

FABRICE

Retirons-Dous ici, c'est Fénise sans doute. Sans nous nommer sitôt, laissons-la s'avancer.

LE DUC

ie crains...

FABRICE

Quoi, les regards qu'elle va VOUS lancer? I^)ar les tendres de cœur sa blessure est malsaine.

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