LE CHARME DE LA VOIX, ACTE IV, SCÈNE VIL
LE DUC
Me fuyez-vous, madame, Et gardez-vous un cœur assez indifférent. Pour refuser mes soins quand l'amour vous les LA DUCHESSE. [rend?
Mon procédé n*a rien qui vous doive déplaire. Je ne tâche à vous fuir que pour vous satisfaire; Et comme on soulfre à voir un objet odieux, yen voudrais épargner la contrainte à vos yeux.
LE DUC
Où me réduisez -vous, si d'un pareil outrage Vos mépris de mes vœux osent payer l'hommage? Depuis que votre voix m*a contraint aux soupirs, Le désir de vous plaire a fait tous mes désirs; [âme, Et quand il vous fait voir jusqu'au fond de mon Une injuste rigueur est le prix de ma flamme. Hélas!
FABRICE, au duc.
Si vous voulez réussir celte fois, Parlez de la beauté plutôt que de la voix. J'ai bien menti pour vous.
LE DUC
Enfin, que dois-je attendre? [dre :
Mes plus profonds respects n'ont-ils rien àpréten- Ma couronne et mon cœur à votre empire offerts Me laissent-ils toujours indigne de vos fers?
Quand pour moi par l'effet votre haine s'exprime, Ce reproche, seigneur, est bien peu légitime; Ou sans doute vos sens, par quelque erreur séduits. Ont mal su jusqu'ici pénétrer qui je suis; Mais si vous l'ignorez, je veux bien vous apprendre Qu'en vain d'aimer Carlosje voudrais me défendre. Et que la juste ardeur d'un zèle assez parfait M'oblige à partager l'outrage qu'on lui fait.
LE DUC
Madame, c'est assez que sa prison vous gène ; Je n'examine rien. Fabrice, qu'on Tamène.