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LE CHARME DE LA VOIX, ACTE V, SCÈNE U

Et qu'affranchi par lui d*un reproche éternel, S'il était moins coupable, il serait criminel? Quelque ressentiment que vous fassiez paraître. Qu'en auriez-vous jugé s'il eût trahi son maître. Et s'il vous eût par là forcée à soupçonner Que foi que sans crime il n'eût pu vous donner? Rendez, rendez justice à cette grandeur d'âme, Quiieut que pour sa gloire il trahisse sa flamme ; Et TOUS ressouvenez que jamais on n'eut droit De haïr an amant de faire ce qu'il doit.

LA OUCHESSB.

C'en est trop, et déjà ma colère s'efface. Au seul nom de Carlos mon cœur obtientsa grâce, Ht rentre, ou plutôt il n'en a pu sortir; lais enfin il ne peut se résoudre à partir ?

FÉNISB.

Swt qu'à votre beauté le duc s'assujettisse, Soit que ma seule voix soutienne son caprice, Pour fuir avecque vous, ce frère malheureux A-l-il droit d'abuser de l'erreur de ses vœux? ndoit, il doit au duc ce qu'il ose lui rendre ; El si passant pour moi vous l'avez pu surprendre, Ccslpour vous qu'aujourd'hui ce secret découvert Doit saoTer son amour d'un devoir qui le perd.

LA DUCHESSE

fVmr finir cette erreur que mafeinte a fait nattre. Je vois bien qu'il est temps de me faire connaître; Mais les mépris du duc que j'ai voulu braver, Abattent mon esprit au lieu de l'élever. Mon orgueil s'en plaignait, et, pour le satisfaire, Tavouai ma beauté de chercher à lui plaire; Et j'ai trop reconnu que ces faibles attraits Ont obtenu sur lui l'effet de mes souhaits.

FKNISB.

Hélas!

LA DUCHESSE

Ainsi je crains que son cœur trop sensible N'apporte à nos projets un obstacle invincible. Et qaeme connaissant, il n'ose avec éclat Faire agir pour sa flamme un intérêt d'État.

FÉNISB.

(Test à vous à juger si vous seriez capable D'abandonner Carlos au malheur qui l'accable, ÏX si Milan pour vous serait d'un si haut prix. Qu'il pût du duc alors racheter les mépris. Pour moi, qui démon rang soutiendrais l'avantage, Si d'un pareil refus j'avais reçu l'outrage, B n'est serments ni vœux qui pussent obtenir Que j'aimasse jamais quand je devrais punir.

LA DUCHESSE

Cesontles sentiments dont ma colère s'arme; Et si l'amour du duc me cause quelque alarme, Cestpour prévoir qu'en vain j'ose me déguiser Qu'au bonheur de Carlos il voudra s'opposer. Cependant, si je sais pénétrer dans votre âme. D'un lâche abaissement vous soupçonnez maflam- Etcroyezque Carlosaurait envainmafoi, [me, Si le duc s'ol>stinaità soupirer pour moi. Pour guérir votre esprit de votre abus extrême,

Je veux de son amourque vous jugiez vous même, Et qu'en voyant l'effort vous puissiez témoigner Quels nobles sentiments me le font dédaigner. Je l'aperçois qui vient.

FKNISE» à taure.

Qu'une épreuve si rude A mon cœur alarmé cause d'inquiétude 1 Ah, Laurel

LÂURË.

Voilà bien de quoi vous tourmenter :

Quand vous n'en pourrez plus vous n'aurez qu'à

[chanter :

Forcez-vous un moment à garder le silence.

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