LE DUC, LA DUCHESSE, FÉNISE, LAURE, FABRICE
LE DUC, à la duchesse.
Madame, le succès passe mon espérance : Mes vœux par Fédéric jusqu'ici condamnés D'aucun crime d'Ëtat ne sont plus soupçonnés ; Et c'est par son aveu que mon àme charmée Vient vous rendre ma foi pleinement confirmée. Recevez-en pour gage et mon cœur et ma main.
FÉNISE, ù Latire, Dieux, quelle offre I
LAURE
Attendez l'effet de ce dessein.
LA DUCHESSE
Seigneur, si Fédéric de surprise incapable A votre passion se montre favorable.
Dans tout ce que l'honneur fait dépendre de moi. Soyez sûr que Fénise agréera votre foi. Pourvu que cette foi par mes vœux couronnée Me tienne pour Carlos la parole donnée.
LE DUC
N'en doutez point, madame, il se peut assurer De tout ce que l'amour lui permet d'espérer. Mon cœur avec plaisir lui cède la duchesse.
Quelquefois on oublie une juste promesse.
LE DUC
L'effet suivra la mienne et je le jure ici Par ce cœur que mes soins ont enfin adouci. Par ces yeux vifs et doux, le charme de mon àme. Par cette belle voix la source de ma flamme. Celte voix que me fit connaître le hasard.
FABRICE, au due.
Pour ne vous point brouiller, laissez la voix à part. Oubliez-vous ainsi...
LA DUCHESSE
J'ai donc sujet de croire Qu'à ma voix de vos feux je dois toute la gloire ?
LE DUC
Je vous ai déjà dit que son divin pouvoir Fit naître en moi d'abord le plaisir de vous voir. Mais sur mon àme enfin vos beautés sans obstacle Ont d'un charme si doux achevé le miracle.