LE CHARME DE LA VOIX, ACTE V, SCÈNE IX
FBNISR.
Et si je vous disais que celui que je tiens Laisse à peine égaler \os sentiments aux miens, Et que dans la Ûerté que ma vertu me donne, Je renonce à ce cœur comme à votre couronne? Quoique votre sujette, il n*est ni duc, ni roi, A qui son choix suffit pour m'obtenir de moi ; Il faut d'autres devoirs à Torgueil qui m*enflamme. Ainsi conservez-bien Tempire de votre âme. A quoi qu'un peu d'éclat fasse monter ce bien, II remplirait trop mal un cœur comme le mien. Non que par ce refus j'aie assez de faiblesse Pour vouloir vous porter à me faire duchesse; Ce bonheur, quoique grand, n'est pas d'un si haut Qu'il valûtladouceurd'un semblable mépris, [prix. Adieu. Souvenez-vous que contre son attente Celle que de vos feux vous fîtes confidente. Quand vous la méprisiez, se vantait qu'à son tour Peut-être elle aurait lieu de braver votre amour.