LE DUC, FENISE, FABRICE, LAURE
LE DUC
Ah ! Célie , où m'avez-vous réduit ?
FÉNISE.
De quoi vous plaignez- vous ?
LE DUC
D'un amour qui m'accable.
FÉNISE.
Votre malheur est grand.
LE DUC
Vous en êtes coupable.
FÉNISE.
Quoi, s'il vous traite mal, m'en faut-il accuser?
LE DUC
Oui, puisque c'est par vous qu'il a su m'abuser. Vous m'avez fait aimer votre voix en Fénise, Vous avez à son charme engagé ma franchise ; Satisfait de son rang, hélas, je l'ai souffert; J'ai cédé sans contrainte, et c'est ce qui me perd.
FÉNISE.
Qui doit mieux que Fénise avoir charmé votre âme?
LE DUC
Mais c'était votre voix qui soumettait m'a flamme.
Il se peut, en effet, qu'elle ait eu le pouvoir De vous porter d'abord au désir de la voir ; Mais, quand de mille attraits ses beautés sont pour- Songer â la révolte après les avoir vues, [vues. C'est une trahison dont le crime honteux Ne doit jamais souiller la gloire de vos feux.
LE DUC
C'est ce que mon erreur m'engageait à lui dire ; Mais enfin sur mon âme elle n'a plus d'empire , Et sur moi votre voix en a pris un si doux, Que je me sens forcé de l'adorer en vous. Ah ! si vous n'étiez pas ce que je vous vois être...
FÉNISE.
Quelle estime pour moi feriez-vous plus paraître?
LE DUC
Je vivrais pour vous seule, et tiendrais à bonheur D'ajouter ma couronne â l'offre de mon cœur. Qu'avec joie â vos pieds on me le verrait mettre. Si l'éclat de mon rang me le pouvait permettre.