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LES ILLUSTRES ENNEMIS, ACTE I, SCÈNE IV

Non qu'il ne soit trop vrai que mon père en ces S*il n*a des ennemis, a beaucoup d'envieux. [lieux, Ce grand amas de biens qui regarde sa fille, Dont un oncle en mourant enrichit sa famille... Hélas I ce souvenir réveille mes douleurs; Au sort de don Alvar donnons ici des pleurs. Aux Indes vers cet oncle allant faire voyage, Ce frère infortuné périt par un naufrage; Et ces riches trésors à lui seul destinés, Soudain à mon espoir furent abandonnés.

Incommodes faveurs d'une fortune ingrate, Qui me nuit dans le temps que plus elle me flatte, Et, m*élevant trop haut, s'oppose au plus beau feu Dont la vertu jamais autorisa l'aveu !

Tu sais, Blanche, tu sais si don Lope en fut digne.

BLANCHE

Ainsi que son amour son respect est insigne, Madame; et vous devez d'autant plus l'estimer, Qu'avant tant de fortune on le vit vous aimer. Que votre vertu seule est ce qui sut lui plaire.

JACINTE

Hélas! celte raison l'est-elle pour un père. Qui de ces nouveaux biens goûtant l'indigne appas. Ne voit presque pour moi que des partis trop bas? Ainsi d'un noble sang quel que soit l'avantage. Lui proposant don Lope, on lui ferait outrage. D'un amour si secret ne t'étonne donc plus, Il tâche à s'épargner la honte d'un refus; Et son feu que soutient un rayon d'espérance. Attendant tout du temps se contraint au silence. Mais cessons d'y penser, aussi bien aujourd'hui Mon cœur, ce triste cœur, n'est plus digne de lui : Pour m'aimer dans la honte il aime trop la gloire; Et l'afl^ront... Mais que vois-je? 0 dieux ! le puis-je

[croire?

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