SCÈNE VII D. LOPE, JACINTE, BLANCHE
JAQNTB.
Prenez ce temps, don Lope, et de peur qu'on me Si son retour trop prompt... [blâme,
D. LOPE
Je le prendrai, madame, Adieu. Mais prenez garde au serment que je fais. Jevousquilte aujourd'hui pour ne vous voirjaraais. Vous engagez ailleurs la foi qui m'est promise, On conspire ma mort, votre aveu rautorise, J'en viens d'ouïr l'arrêt, et n'ai point éclaté; Non qu'un reste d'amour m'en ait sollicité, Non que de mon respect je garde la mémoire, Mais parce que j'ai dû cet effort à ma gloire; Et que j'eusse rougi qu'un mouvement jaloux Eût convaincu mon cœur d'avoir brûlé pourvoas.
JACINTE
Ahl Ne vous plaignez pas où je suis seuleà plaindre; L'effort est grand sans doute où j'aisumecootraiD' Mais je n'ai pas jugé qu'un plus bas sentimeDt[dre, Méritât d'avoir eu don Lope pour amant; Et comme vos vertus par leur éclat sublime, Pour gagner mon amour s'acquièrent mon estime, C'est par là seulement que j'espère, à mon tour, M'acquérir votre estime, en perdant votre amour.
D. LOPE
Vous l'acquerrez, madame, et vous le devez croire, Si l'infidélité mérite quelque gloire.
JACINTE
Si mes feux aujourd'hui vous semblent incoDstao^ Suspendez votre plainte, et laissez faire au temps
D. LOPE
Le temps n'adoucit point des malheurs de la sorte
JACINTE
Le temps vous fera voir que votre amour s'emporte Et qu'enfin quel que soit le dessein qu'on ait fait, Pour en blâmer la cause, il en faut voir l'effet.
D. LOPE
Hélas ! Et quel effet doîs-je attendre du vôtre, Quand de ce qui m'est dû Ton enrichit un autre Oui, mon rival triomphe, et mon espoir est vain, N'avez-vous pas promis de lui donner la main?
JACINTE
Je le ferai sans doute.
D. LOPE
Et vous serez sa femme!
JACINTE
Moi! cette lâcheté pourrait m'entrer dans l'àmc/ D. LOPE. [prends
Que m'avez-vous donc dit, ou qu'est-ce que j'a| Et comment accorder deux points si différents?
JACINTE
Si pour les accorder vous manquez de lumière, Connaissez aujourd'hui mon âme toute entière; Et de l'heur d'un rival cessant d'être jaloux. Confessez que mon cœur était digne de vous. L'espoir de mon hymen n'est qu'une attente vaioi Sous ce trompeur aveu je le livre à ma haine; Et lui donnant la main, je sème un faux appas, Qui sans aucun soupçon l'attire dans mes bras, Où ma main dans son sang, au gré de mon envii Venge avec mon honneur le repos de ma vie. Êles^vous satisfait?