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LES ILLUSTRES ENNOIMIS, ACTE II, SCÈNE IL

Et, bien loin de me voir, il semble qu'il me fuîL Si,pourunemaîtresseilporteuncœursans flamme. Quel amour espérer quand je serai sa femme ? N'importe, c'en est fait; ayant reçu sa foi, Un lâche repentir est indigne de moi ; Etde tous les malheurs, un cœur qui se possède, Dans sa propre vertu voit toujours le remède.

Ce sentiment, ma sœur, est bien digne de vous. Je sais que de tous temps vous fuyez un époux, Et votre aversion nous a trop fait paraître Quevouscraignezenluidenetrouverqu'un maître. J'ai parlé pour Fernand, mais sachez aujourd'hui Que votre intérêt seul m'a fait parler pour lui. Enrique est violent, et voyant qu'il vous traite, Malgré tous mes avis, moins en sœur qu'en sujette ; Appuyant un hymen qu'on l'a vu rechercher, Au pouvoir d'un tyran j'ai cru vous arracher. Et qu'enfin dans le choix d'un sort toujours contraire Vous sou ITr iriez plutôt d'un époux que d'un frère ; Je vous ai donc pressée et je vois à regret Que j'ai lieu de m'en faire un reproche secret. La froideur de Fernand me surprend et m'afflige ; Mais, à quoi que pour vous la nature m'oblige. Lui faire proposer de rompre cet accord. Serait porter Enrique à conspirer sa mort. Mais, dieux! Vois-jeJHcinte,ou si mon œil s'abuse?

CASSANDRB.

Lesdifi'érends sont doux qui font naître une excuse.

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