SCÈNE VI D. ALVAR, seul
De quel sort plus étrange at-on jamais parlé? Quand un père offensé, dont j'ignore l'outrage, Au soutien de sa gloire appelle mon courage, Pour ne me pas montrer généreux à demi, Il faut que je m'engage avec mon ennemi; Et dans cet ennemi que mon malheur me laisse, Je trouve à respecter la sang d'une maltresse. 0 haine, amour, vengeance I ô doux et puissant
nœuds Qui déchirez mon âme, et confondez mes vœux, Finissez un combat qui me rend trop à plaindre Ou cachez-moi les maux que vous me faites craindre Maisj'ois marcher quelqu'un : nesachantoù jesuis Songer à la défense est tout ce que je puis; Ne nousdécouvrons point si l'on ne nous découvre Mais, dieux ! N'en lends-je pas une porte qui s'ouvre La lumière parait; enfin, tout est perdu : Que ferai-je?