SCÈNE VII D. SAJSCHE, D. ALVAR
D. SANCHB.
Un bruit sourd vers la porte eu tendu , Dans l'altente d*uD fils à mes souhaits si chère... )Uis ne le vois-je pas? Ah, mon fllsl
D. ALVAR
Ah, mon père!
D. SANCHB.
Je pois donc te revoir?
D. ALVAR
Cest donc vous que je voi?
D. SANCHB.
Ah, qu'avecque raison tu doutes si c'est moi I Dans rafiroDl que je pleure, et qui me désespère, Ta peux, lu peux, mon fils, méconnaître ton père. La roageur démon front t'empêche d'y trouver Ces traits que la nature y sut jadis graver; Talescberchesen vain : mais,sûr de ma vengeance, Si je dois aujourd'hui t'expliquer mon offense, riiFavantage au moins qu'en ton ressentiment Ta n^atiras de ma honte à rougir qu'un moment.
D. ALVAR
GeooineQt est trop Ion g; hàtez-vous de m'apprendre OneJ sang, pour l'efTacer, il faut aller répandre.
D. SANCHB.
Te dîrai-je, mon fils, que l'affront est si has, Qa'il serait trop vengé s'il l'était par ton bras ? Pour UQ lâche ennemi, capable de surprise, La générosité n'est pas même permise.
Ne Vinquiète point de mon honneur perdu ; S*iJ lai faut une vie, on m'en a répondu. n périra, le traître.
D. ALVAR
Ah ! Que voulez- vous faire ?
D. SANCHB.
Te remettre en état de m'avouer pour père.
lie réserveriez-vous à cette lâcheté, De souffrir...
D. SANCHB.
Il aura ce qu'il a mérité.
Où roffense est indigne, et basse, et lâche, et noire, Toat ce qui la répare est toujours plein de gloire ; ftr^ poison, tout est beau quand il n'est pointdou-
[teux ; GL, pourvu qu'on se venge, il n'est rien de honteux.
D. ALVAR
Explique2-TOus enfin, et sachons cette offense.
D. âANCBB. [pense;
EDeest... Ah! Tout mon sang en frémit quand j'y Il se trouble, iJ s'indigne au nom de l'offenseur ; ! Si to le veux savoir, apprends-le de ta sœur.
î D. ALVAR.
Oà courez- voua, mon père ?
D. SANCHB.
Il faut que je l'appelle.
D. ALVAR
Pensez-vous...
D. SANCHB.
Oui, mon fils, tu sauras mieux tout d'elle.
Peut-être...
D. SANCHB.
Je l'amène ici dans un moment.
D. ALVAR, «ni/.
Puis-je encor me connaître en cet événement? Don Lope aime ma sœur, et moi-môme, à ma honte, J'assure un rendez-vous au feu qui le surmonte. Ah, suivons... Mais, hélas ! ne précipitons rien. S'il offense mon sang, j'ai répandu le sien ; Et lorsqu'avecque lui ma parole m'engage, Consentir à sa perte est manquer de courage : Et puis, si ce point seul nous rendait ennemis, Que lui puis-je imputer que je n'ai point commis ? il brùle pour Jacinto, et j'adore Cassandre. Mais qu'il tarde à venir! L'aurait-on pu surprendre? Si j'ai bien entendu, d'un et d'autre côté Un passage au besoin le met en sûreté : Puisqu'il peut s'échapper, quel obstacle l'arrête?