SCÈNE I D. LOFE, CASSANDRE
D. LOPB.
Celait poar m'en donner la funeste nouvelle. Que Jacinte, hier au soir, m'osa mander chez elle. n n'en faut point douter, son trouble à mon abord. Ce discours préparé des caprices du sort, Ces serments exigés d'obéir sans murmure, Étaient de ma disgrâce une marque trop sûre; Et quoique du vieillard presque aussitôt surpris, Teosse dft la quitter sans avoir rien appris. In désordre confus qu'elle me ût paraître Devinant aisément ce qui le faisait naître, Teusse pu me soustraire à ce noir attentat, Si pour prévoir Torage on en fuyait l'éclat. Mais de tant d'assassins la troupe découverte, Prêt de rentrer chez moi, marquait déjà ma perte ; Et je ne combattais, assuré de périr.
Que pour venger ma mort avant que de mourir,
Quand une voix de loin, à ce bruit de nos armes, Me remplissant d'espoir, et nos traîtres d'alarmes « Prends courage, don Lope ; à moi. lâches, à moi, » Nous dit-on ; et ces mots redoublent leur efTroi ; Me voyant secondé, la victoire en balance : Ces braves attaquants demeurent sans défense. Et leur fuite aussitôt, dans ce manque de cœur. Me laisse rendre grâce à mon libérateur.
CASSANDRE
Certes, je tremble encore à vous ouïr redire Avec quelle fureur contre vous l'on conspire. Croyant vous avancer, Alonse vous a nui. Et sa feinte à vos feux prête un mauvais appui.
D. LOPE
C'est ainsi que le sort, par un dernier outrage, Dans un calme apparent me fait faire naufrage. Et trompant d'un ami le zèle officieux, N'élève mon espoir que pour l'abattre mieux.
CASSANDRE
C'est le dernier des biens dont sa rigueur nous D. LOPE. [prive.
Vous en jugez, ma sœur, par ce qui vous arrive; Et d'un fâcheux hymen qui faisait votre mort, Enrique avec Fernand ayant rompu l'accord. D'un si prompt changement le revers favorable Vous en fait pour ma flamme espérer un semblable: Mais qu'en vain jusque-là je voudrais me flatter I Don Sanche veut ma mort, je ne puis l'éviter; [dre Et, quoi qu'on fasse enfin, je n'ai point à préten- Qu*après l'avoir jurée il m'accepte pour gendre.
CASSANDRE
Mais il vous croit coupable.
D. LOPE
Il le croira toujours.
CASSANDRE
La vérité connue est un puissant secours; Vous n'êtes criminel que pour la vouloir taire.
Chercher mon innocence en accusant un frère. Un frère, dont l'état trop digne de pitié Me ferait soupçonner d'un secours mendié ! D'un si lâche dessein je me sens incapable; Et puisque sou aveu ne le rend point coupable. Qu'à s'accuser soi-même il n'a pu consentir. Je ne publierai point ce qu'il peut démentir.
CASSANDRE
Espérez tout d' Alonse, il l'observe sans cesse; Et dans la juste ardeur qui pour vous l'intéresse, Sans doute il tentera cent moyens superflus. Ou trouvera celui de vaincre ses refus. S'il a pu Tobliger touchant mon hyménée... A reprendre pour moi la parole donnée...
D. LOPE
Ah! le faible motif pour prétendre à mon tour, Qu'avec môme succès il serve mon amour! Que dans vos intérêts Enrique ait pu le croire, Cet efTort ne va point jusqu'à trahir sa gloire; Dégageant une sœur, il oblige un ami : Mais s'avouer coupable à son propre ennemi,