LE GEOLIER DE SOI-MÊME, ACTE III, SCÈNE I
JODELET
Un prince n'a-t-il pas pouvoir de pendaison? Si c'est là mon plaisir, qu'y Irouvez-vous à dire?
Par quelques lâchetés cette honte s'attire; Mais, seigneur, nous avons le courage trop haut...
JOOELBT.
Vous en enrageriez peut-être, et peu m'en chaut. ^nd on meurt pour le prince, on est mis dans OCTAVE. [l'hisloire.
Seigneur, soutenez mieux Téclat de votre gloire.
JODELET
Ah, tu me parles, toi, que le diable a tenté
De joindre la maîtrise à la principauté;
liisme connais-tu bien, et n*est-ce point adresse?
OCTAVE
Depuis plus de vingt ans je suis à votre altesse.
JODELET
Ea quelle qualité?
OCTAVE
De votre confident.
JODELET
Confident ordinaire, ou bien par accident?
OCTAVE
Antre qoe moi jamais n'eut part à cette gloire.
JODELET
QueUt preuve en as-tu pour me le faire croire?
OCTAVE
Seigneur,!! tous souvient qu'unjour, sans mon se- Un cruel sanglier eût terminé vos jours ; [cours, II TOUS souvient de plus, que le roi votre père...
JODELET
Ma foi, s'il m*ensouvient, il nem'en souvient guère, Ai-je autrefois aimé la chasse au sanglier?
OCTAVE
Je me tais par respect.
JODELET
Bon, c'est s'humilier.
Moo nom est?
OCTAVE
Fédéric.
JODELET
Prince de?
OCTAVE
De Sicile.
JODELET
qoe c*est que d'avoir la mémoire labile! Foobliais déjà.
ENRIQUE
Seigneur, permettez-moi b*exécuter enfin les volontés du roi.
JODELET
Daroi?
Quoi, doutez-vous que ce ne fût lui-même?
JODELET
Ou'ii soit roi tout de bon, ou bien par stratagème, harra qu'on obéisse, il m'importe fort peu :
Allons donc promptement, grande chère et beau C'est là son ordre exprès. [feu,
ENRIQUE
Je sais ce qu'il ordonne.
JODELET
Quand c'est pour mon profit,j*ai la mémoire bonne. Je prétends festiner du matin jusqu'au soir.
ENRIQUE
Isabelle, seigneur, aura soin d'y pourvoir; Mais par précaution, avant toute autre chose, A souffrir votre abord il faut qu'on la dispose.
JODELET
Soit donc, vite.
ENRIQUE
J'y cours; suivez dans un moment, Et vous laissez conduire à son appartementé
JODELET
J'irai ; qu'on m'y reçoive en prince de Sicile.
(Àujit soldais,)
Vous, ménez-moi rèder par ce mien domicile, Je veux voir si pour hôte il me peut mériter. Et puis nous nous irons faire complimenter.