OCTAVE, GARDES
OCTAVE, bus.
Quoi, mon prince en ces lieux?
ISABELLE
Ah! Ce cœur me reproche...
Place,place,c'estmoi,c'estungrandquis'approche.
{À Isabelle f montrant Enrique), Ce courrier dépéché, s'il a fait son devoir. Vous aura préparée à l'honneur de me voir. Et vous aura conté, charmante geôlière.
Qu'on vous envoie ici mon âme prisonnière; Carvosyeux,quandilsfoDtjouertousleurs ressorts. Emprisonnent bien plus les âmes que les corps.
ISABELLE
0 ciel I Puis-je souffrir un si sanglant outrage? Tu viens donc me braver pour assouvir ta rage; Et le frère tué, ton cœur, ton lâche cœur. Croirait avoir peu fait s'il épargnait la sœur? Pousse jusques au bout, pousse ta barbarie; De mes tristes malheurs fais une raillerie; Ta noire trahison semble avoir mérité Que tu mettes au jour toute ta lâcheté.
JODELET
Si vous n'avez jamais Taccueil plus amiable. Vous êtes animal assez insociable.
Soit dit, sans offenser certain air égrillard Qui dans vos yeux malins se loge quelque part, Mais ils ont beau lancer cette foudre égrillarde. Quand un cœur est lion, j'ai l'âme léoparde; Délionnez le vôtre, ou nargue de leurs traits.
ISABELLE
0 le cœur le plus bas qui respira jamais! De quel front oses-tu, traître...
JODELET
Et de quelle bouche Osez-vous exhaler une humeur si farouche, Pétulante femelle? Oyez,oyez mon nom, Oyez ma qualité, vous changerez de ton, [me; Parlez donc, chers témoins de ma grandeur supré- Vous qui me connaissez encor mieux que moi* Dites-lui qui je suis, de grâce. [même,
ENRIQUE
Hé quoi, seigneur.
Votre altesse.v.
JODELET
Voyez si l'on me doit honneur.
Je suis un Fédéric, un prince de Sicile.
ISABELLE
Toi, prince?
JODELET
Oui, je le suis, la preuve en est facile.
ISABELLE
Tu nous vantes en vain la splendeur de ton sang, Ton lâche procédé dément un si haut rang. Non,non,tun'espointprince,etlecielm'autori;je..*.