‹ Théatre completChapitre 404 sur 1461 · SCÈNE I FÉDÉRIC, OCTAVE · texte numérisé non relu

SCÈNE I FÉDÉRIC, OCTAVE

FÉOéRIG.

Que ton adresse, Octave, a bien servi ma flamme!

OCTAVE

Seigneur, comme je sais le secret de votre âme, J'aurais trahi Tespoir de vos plus doux souhaits. Si je n'avais levé tout obstacle à la paix. Elle règne à Gaëte, on y voit tout tranquille, Sans désordre, et nos chefs prêts à rendre la ville.

FÉDÉRIC

Sans doute qu'avec joie ils ont su t'écouter?

OCTAVE

Ils tiennent le conseil afin de députer.

C'est ce qu'attend le roi; mais je me persuade

Que l'infant a dessein d'être de l'ambassade.

FÉDÉRIC

Quoi, mon frère lui-même?

OCTAVE

Oui, si j'en sais juger.

Vous servir est un bien qu'il craint de partager, H s'en veut à lui seul réserver l'avantage.

FÉDÉRIC

Mais un chef de parti s'exposer sans otage 1

OCTAVE

Quand on le connaîtrait, Gaête, entre ses mains, Est un puissant obstacle à d'injustes desseins.

Mais d*où peut-il sitôt avoir su ma disgrâce?

OCTAVE

A dire vrai, seigneur, c'est ce qui m'embarrasse.

FÉDÉRIC

Tu n'en as irien appris?

OCTAVE

Pour oser rien de moi.

J'étais trop écouté des envoyés du roi.

FÉDÉRIC

Donc il ignore encor quel heureux stratagème Me rend dans ce cbâteau geôlier de moi-même?

OCTAVE

Oui, seigneur, il l'ignore.

FÉDÉRIC

Attendant ton retour, Pour ne rien hasarder, j'ai fait agir l'amour. Par cette passion fortement rétablie.

J'ai de notre brutal réveillé la folie; Il se croit toujours prince, et son esprit remis

Se flatte de l'espoir du bien qui m'est promis.

OCTAVE

Qu'il s'en flatte à présent autant que bon lui semble Lafortune vous rit.

Page 1