SCÈNE I FÉDÉRIC, OCTAVE
FÉOéRIG.
Que ton adresse, Octave, a bien servi ma flamme!
OCTAVE
Seigneur, comme je sais le secret de votre âme, J'aurais trahi Tespoir de vos plus doux souhaits. Si je n'avais levé tout obstacle à la paix. Elle règne à Gaëte, on y voit tout tranquille, Sans désordre, et nos chefs prêts à rendre la ville.
FÉDÉRIC
Sans doute qu'avec joie ils ont su t'écouter?
OCTAVE
Ils tiennent le conseil afin de députer.
C'est ce qu'attend le roi; mais je me persuade
Que l'infant a dessein d'être de l'ambassade.
FÉDÉRIC
Quoi, mon frère lui-même?
OCTAVE
Oui, si j'en sais juger.
Vous servir est un bien qu'il craint de partager, H s'en veut à lui seul réserver l'avantage.
FÉDÉRIC
Mais un chef de parti s'exposer sans otage 1
OCTAVE
Quand on le connaîtrait, Gaête, entre ses mains, Est un puissant obstacle à d'injustes desseins.
Mais d*où peut-il sitôt avoir su ma disgrâce?
OCTAVE
A dire vrai, seigneur, c'est ce qui m'embarrasse.
FÉDÉRIC
Tu n'en as irien appris?
OCTAVE
Pour oser rien de moi.
J'étais trop écouté des envoyés du roi.
FÉDÉRIC
Donc il ignore encor quel heureux stratagème Me rend dans ce cbâteau geôlier de moi-même?
OCTAVE
Oui, seigneur, il l'ignore.
FÉDÉRIC
Attendant ton retour, Pour ne rien hasarder, j'ai fait agir l'amour. Par cette passion fortement rétablie.
J'ai de notre brutal réveillé la folie; Il se croit toujours prince, et son esprit remis
Se flatte de l'espoir du bien qui m'est promis.
OCTAVE
Qu'il s'en flatte à présent autant que bon lui semble Lafortune vous rit.