A MONSEIGNEUR LE DUC DE GUISE
MOMSBIONBUB,
Timocrate est trop jaloux de sa gloire pour différer plus longtemps à venir rendre à V. A. les hommages qu'il lui en doit ; il en a reçu beaucoup dans les témoignages publics que toute la cour et tout Paris semble avoir rendus à son avantage, mais ce n'est qu'en vous la consacrant qu'il s'en peut assurer la possession, et il vous la consacre avec d'autant plus d'ardeur, que la tenant entière de votre illustre suffrage, cent dans ce respectueux effet de sa reconnaissance qu'il en trouve le précieux achèvement. S'il voit quelque chose de flatteur dans les acclamations qui en ont fait jusqu'ici tout l'éclat, il sait qu'elles n'ont rien de durable ; que l'injuste caprice du siècle les rend souvent communes à toutes les nouveautés qui le surprennent, et qu'ainsi il en est peu que le temps puisse sauver de l'injurieux soupçon d'avoir été plutôt données à de faux brillants qu'à de véritables beautés. La crainte en est sans doute fâcheuse à ceux qui, comme lui, sont poussés d'une belle ambition; mais il s'en ose croire à couvert dans l'espoir dont il se flatte que V. A. ne dédaignera pas de lui accorder la continuation des grâces qu'elle lui a tant de fois si généreusement prodiguées; et que l'honorant de sa protection, elle lui permettra de publier qu'il fut assez heureux pour trouver quelque part dans son estime, lors même qu'il était le moins en état d'y pouvoir aspirer. Après cela, Monseigneur, il est impossible que l'on attribue à son seul bonheur cet accueil obligeant qu'on lui a fait en France, et dont la juste défiance que lui donnait le peu qu'il mérite, lui souffrait à peine de concevoir les souhaits ; pour en convaincre ses plus obstinés ennemis, il suffit qu'il se puisse vanter d'avoir su plaire à V. A. Il n'y a personne qui ne sache que votre esprit est d'une trompe si relevée, qu'étant incapable de se laisser éblouir, s'il excuse toujours avec bonté, il ne loue jamais qu'avec justice, et que ce qui échappe quelquefois aux connaissances les plus éclairées, n'offre rien d'obscur aux lumières perçantes qui lui font pénétrer les moindres défauts avec un plein discernement. Pour moi, Monsbignkur, comme je n'oublierai jamais l'honneur que je reçus dans le commandement que vous me fîtes de vous faire la lecture de cet ouvrage longtemps avant qu'il fût représenté, je me souviendrai toujours avec admiration de cette merveilleuse vivacité, qui vous fit découvrir d'abord les intérêts les plus cachés de Cléomène, et développer dès ses premiers sentiments le secret d'un nœud qui pendant quatre actes a laissé Timocrate inconnu presque k tout le monde : mais quoique ce roi si longtemps persécuté semble n'avoir plus rien à craindre aujourd'hui de sa mauvaise fortuno, et qu'après avoir hautement triomphé de ses malheurs, il ne doute pas qu'il ne
rencontre auprès de Y. A. un asile inviolable contre lei }d«) rudes attaques dont il pourrait être menacé^ ce n'est pu l^ seul avantage qu'il en ose attendre, il y voit la certitude é tout ce qui peut remplir les désirs les plusétendat,etil8«tieir plus assuré de l'immortalité sous l'éclatant appui d« Totn nom, que si les marbres et les bronzes lui répondaient déjà à cette seconde vie, qui comme elle est le charme des gnaè cœurs, en fait aussi la plus solide récompense. En effet MoNSBiSKBUR, quel avenir assez éloigné se voudrait défeodn d'avoir pour tout ce qui portera cette noble marque, le mén respect qu'on lui rend aujourd'hui, et ne ferait pas vanité dr contribuer quelque chose k dérober à l'injure des innées a qu'il trouvera soutenu d'une recommandation si favoraMe 5 i l'on jette les yeux sur ces grands personnages dont aret bi éminentes qualités vous avez hérité le sang et ce fameox m d(* Gdise, on n'admire pas moins de héros que vous poord compter d'aïeux, et le nombre des miracles de leurs vie» dm réglé que par celui de leurs actions. Toutes nos histoiffa w» en fournissent à l'envi les pompeuses et surprenantes imag*» mais de quelques vives couleurs qu'elles s'étudient à Ie« ton briller, elles ne nous représentent rien en eux tous àt i grand ni de si achevé dont nous ne voyions aujoord'hoi vm étonnement les merveilles glorieuseme nt ramassées en Ui^ personne de V. A. Cette inimitabla grandeur d'àme qui t^ dans tous vos sentiments, cette haute générosité qui se rni inséparable de tout ce que vous faites, et tant d'autres doM excellents dont le ciel s'est plu à se montrer si libéral en Totri faveur, sont d'irréprochables témoins de cette vérité, et ia rayons secrets de cette majesté brillante qui nous fait ^•8pe^ ter en vous un grand prince, semblent être moins on droit d« votre naissance, que le caractère de votre verto. Mail, MoNSEiONBCR. je ne m'aperçois pas que me laissant emporta insensiblement à mon zèle, je donne lieu de croire que j'oserais presque entreprendre de vous louer, je suis trop persuada de ma faiblesse pour faire un projet, qui ne servant qu'à U rendre publique, ne souffrirait aucune excuse à mon indis* crête témérité, et si je dois me hasarder à la faire parailre. B vaut mieux que ce soit à vous protester que si des v«in entièrement soumis, et une vénération très profonde pouvaieal mériter d'être considérés dans le peu que je suis, je ne wran peut-être pas tout à fait indigne d'obtenir la permission de m dire,
MONIBIGNEUR,
De Votre Altesse, Le très humble, très obéissant, et très passionné •ervitew.
T. GORNBIUK.
PERSONNAGES
TIMOCRATE, roi de Crète, déguisé sous le nom de Cléomène. LA REINE D'ARGOS.
CRESPHONTE, |
LÉONTIDAS, I ~»«^o^«»^«- ÉRIPHILË, fille de la reine.
PERSONNAGES
NICANDRE, prince, si^jet de la reine d'Argus. TRASILE , prince sujet du roi de Crète. DORINE, { -, , ,,^ . ...
CLÉONE, 1 confidentes dEnphile.
ARCAS , confident de Nicandre.
X«a scène est dans Argos*
TimœCKATIL.
S'il vous faut à ce prixrncholfi'voUv liaine. Povir difjpensrr vos lois, dai4i^<*i^ faire une rcinrv
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