‹ Théatre completChapitre 415 sur 1461 · SCÈNE I NICANDRE, ARCAS · texte numérisé non relu

SCÈNE I NICANDRE, ARCAS

NICANDRB.

lus es-lu bien certain que ce soit Gléomène? Tes yeux t*oDt pu trahir?

ABGAS.

II est avec la reine, Seignear ; et son retour qu'exprès Ton fait savoir, D«Qâ le peuple alarmé jette un nouvel espoir. Avec joie, à Tenvi, déjà chacun publie Ce qu*il a fait pour nous contre la Messénie; Elf portant jusqu'au ciel le nom de ce héros, Semble mettre en lui seul la défense d'Argos.

NICANDRB.

Jamais une si haute et vaste renommée Par de nobles exploits ne fut mieux confirmée; 11 dans toute la Grèce il est fort peu d'États [bras. Qoi, pour mieux s'affermir, n'aient employé son Partout son grand courage a contraint la victoire De suivre ses désirs et respecter sa gloire; £1 bien plus souhaité qu'il n'était attendu, Ce vaillant Gléomène enfin nous est rendu. La justice des dieux par son retour éclate, Us s*eD veulent servir pour perdre Timocrate. Ce lâche roi de Crète attaquant cet Etat, Veul d'un père perfide achever l'attentat : Déjà devant Argos sa flotte ose paraître. Mais l'orgueilleux tyran n'en est pas en cor maître; Et nous lui ferons voir peut-être dès ce jour Ce qoe peut un grand cœur animé par l'amour.

ÂRGAS.

Seigneur, dans le dessein de plaire à la princesse, 11 semble qu'avec vous le destin s'intéresse, Puisque par cette guerre il oCTre à votre bras Tout ce qu'un bel espoir a de plus doux appas. Combattez, et forçant l'orage qui s'apprête, De son cœur à vos feux assurez la conquête, El de l'éclat d'un sceptre avec raison jaloux. Le conservant pour elle, acquérez-le pour vous.

NICANDRB.

Hélas 1 C*est cette guerre à moi seul trop contraire Qui détruit mon espoir quand tu veux que j'espère. Pour vaincre la rigueur de nos premiers destins, La reine a fait armer deux princes, ses voisins; Tous deux sont accourus au besoin qui la presse. Cependant, cher Arcas, ils ont vu la princesse; Et comme il est trop vrai que la voir c'est l'aimer. Tous deux également s'en sont laissé charmer. Ainsi dans ses désirs ma flamme opiniâtre, Trouve avec mon respect deux rivaux à combattre; Et si ce seul respect tient mes sens étonnés, loge ce que feront deux rivaux couronnés.

ARC AS. [craindre.

Quoi que ces deux rivaux vous donnent lieu de Si vous n'en aviez qu'un vous seriez plus à plaindre.

Je sais bien que la reine, au besoin qu'elle a d'eux, Dans l'amour qu'ils ont pris écoulera leurs vœux; Mais comme choisir l'un serait irriter l'autre. Leur bonheur suspendu fera naître le vôtre ; Et chacun d'eux enfin, l'un par l'autre détruit. De ses prétentions vous laissera le fruit.

NICANDRE

Mais s'il faut t' expliquer ma crainte tout entière, Sais-tu que la princesse est orgueilleuse et fière?

ARCAS

Quel que soit son orgueil , il manque en vous d'objet, N'ôtes-vous pas né prince?

NICANDRE

Oui, prince, mais sujet.

ARCAS

Mais sujet dont les soins toujours infatigables Aux peuples nos voisins nous rendent redoutables. Depuis plus de six ans, c'est d'eux que cet État Sous une auguste reine emprunte son éclat; Et vous avez fait voir par d'assez nobles marques Ce qu*en vous peut le sang de nos premiers monar- Avec ce privilège oserez-vous douter [ques ;

Que son cœur...

NICANDRB.

Cesse, Arcas, cesse de me flatter.

Mes rivaux ont sur moi du moins cet avantage. Qu'ils eurent en naissant un sceptre pour partagci Et que sans son hymen dans le trône placés. Mes vœux auprès des leurs semblent intéressés. Oui, ce rang inégal où le ciel m'a fait naître. Sans être ambitieux me force à le parakre, Puisqu'enfinmonamour, qu'en vainje veux borner. Demande une couronne, et n'en saurait donner.

ARCAS

Vous vous alarmez trop.

NICANDRE

Pour sortir de ce doute.

Employons auprès d'elle un ami qu'elle écoute. Cléomène...

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