TIMOCRATE, ACTE IV, SCÈNE IV
CLBOMENE.
Je tâche à mériter avant que de préleadre.
r«ICANDRE.
De ce que vous valez nous étions trop instruits.
CLKOMÈNE.
Pas tant, qu'il ne Fallût montrer mieux qui je suis.
NICANDRE
Dans vos premiers exploits éclate tant de gloire...
CLÉOMKNE.
J'avais lieu de douter qu'on les en voulût croire.
NICANDRE
Vous pouviez éclaircir le rang que vous tenez.
CLÊOMÊNE.
La naissance est l'appui des courages mal nés.
NICANDRE
Vous vous obstinez bien au secret de la vôtre?
CLÊOMÊNE.
La conduite de l'un n'est pas celle de Taulre; Et, comme on peut agir par divers intérêts, Selon l'occasion chacun a ses secrets.
NICANDRE
J'imaginais au vôtre un peu moins d'importance.
CLÊOMÈNB.
Peut-être qu'elle va plus loin que Ton ne pense.
NICANDRE
La reine vous doit trop pour rien examiner.
CLÉOMÉNE.
J'ai fait ce que l'honneur me semblait ordonner.
NICANDRE
Timocrate sans vous aurait bravé sa haine.
CLÉOMÉNE.
Timocrate avait lieu de craindre Cléomène.
NICANDRE
Vous lui cachiez sans doute un dangereux rival ?
CLÉOMÉNE.
Mon amour en efTet lui peut être fatal.
NICANDRE
Triompher d'un vainqueur est une gloire extrême.
CLÉOMÉNE.
Je n'en croirais pas moins à se vaincre soi-même.
NICANDRE
Ainsi, vos feux payés, il vous serait bien doux Que la reine daignât étouffer son courroux. Pardonner à ce roi que votre amour lui livre.
CIJ^OMÉNE.
De pareils sentiments sont toujours beaux à suivre.
NICANDRE
Nous parlerons pour lui, si c'est vous obliger.
CLÉOMÈNE
Mes VŒUX dans son destin se laissent partager; Et c'est de la princesse ou propice ou cruelle... Mais la voici.
NICANDRE
Seigneur, je vous laisse avec elle.
Et n'oublierai jamais le respect que je doi A celui que les dieux m'ont destiné pour roi.