SCÈNE I ANAXARIS, BÉRÉNICE, CLYTIE, IPHITE
BÉRÉNICE
Ne VOUS repentez point de cette confidence; Vous avez trop langui sous un fâcheux silence, Il est temps qu'un beau feu jusqu'ici renfermé, Acquière à vos désirs la gloire d'être aimé, Et que vous fassiez voir que loin d'en trop attendre, Qui peut tout mériter a droit de tout prétendre.
ANAXARIS.
Ahl Ne me jetez point dans la nécessité D'examiner mon cœur sur sa témérité.
Quoiqu'on vain la raison à ses desseins s'oppose, 11 ne peut qu'en tremblant songer à ce qu'il ose, Et d'un trouble inquiet confusément atteint, Dans tout ce qu'il espère il voit tout ce qu'il crainl.
BÉRÉNICE
Peut-être craignez-vous que le roi ne s'irrite D'un amour si contraire à l'hymen qu'il médite. Et qu'il n'y veuille voir qu'un rebelle obstiné Qui porte ailleurs un cœur qu'il m'avait destiné. Mais outre l'intérêt que l'État y doit prendre, Phlloxène pour vous saura tout entreprendre; Et ce qu'à cet amour sa flamme croit devoir, Lui fera sans réserve appuyer votre espoir.
ANAXARIS.
Je lui viens d'avouer qu'au choix de la princesse, Ce téméraire cœur malgré moi s'intéresse, Et qu'un orgueil secret qu'il désavoue en vain Engage mes désirs à l'espoir de sa main : Non, qu'en lui découvrant le secret de mon âme, J'aie osé présumer que j'obligeais sa flamme, Je sais trop ce qu'il est pour me persuader Que je sois un rival qu'il doive appréhender;
BÉRÉNICE , ACTE II, SCÈNE IL
lus dans un grand projet que je oe pus lui taire, ion cœur avait jugé son secours nécessaire; Et c'est poar Tobtenir que, sans plus balancer, i cette confidence il s'est voulu forcer.
BBBéNICK.
t en nsera bien ; et comme la Phrygie Ek)it son dernier bonheur au secours de Lydie, Quoi que pour vous son prince en ose désirer, V^t aura quelque lieu de le considérer. fwcez donc Philoclée à vous faire justice, ^Qor mériter son choix vous avez tout propice, lin Q'en peut plus troubler le dessein glorieux, Ite malheurs sont finis, le calme est dans ces lieux, Oi sll y reste encor quelque parti contraire, i^atëon mourant vient de mander mon père, iI<Uas ràpre remords d'un juste repentir, Hie cherche à le voir que pour l'en avertir. las ma présence nuit à l'ardeur qui vous presse, ksih que tous vos soins sont dus à la princesse; Itce trouble confus semble me reprocher (te fous perdez un temps qui vous doit être cher.