‹ Théatre completChapitre 472 sur 1461 · SCENE III PHILOCLÉE, PHILOXÉNE, ARAXE, HÉSIONE · texte numérisé non relu

SCENE III PHILOCLÉE, PHILOXÉNE, ARAXE, HÉSIONE

PHILOGLBB.

Enfin l'aveu da roi D'un succès assez doux doit flatter votre f«i. Vous semblez soupirer? Se pourrait-il bieo faire Qu'Araxe à vos désirs voulût être contraire. Et que de votre flamme il condamnât l'effort. Quand il voit la Lydie abaisser votre sort?

PHlLOXàNB.

Au contraire, madame, il m'est trop favorable, U surpasse mes vœux, et c'est ce qui m'acable.

PHILOGLéE.

S'il eût pu se lasser d'en soutenir l'espoir. Je vous aurais ofi'ert ce que j'ai de pouvoir. Et n'aurais refusé ni mes soins ni ma peine.

ARAXE

Ah ! madame, épargnez l'illustre Philoxène. Quoi qu'ose la Lydie, ou qu'elle ait pu tenter. Un héros tel que lui n'a rien à redouter; Et toujours sa vertu, dans le plus fort orage, Réjiond à son grand cœur du destin qui routragc

PHILOCLÊB.

Je sais que la vertu, par un secret effort, Rend toujours un grand cœur arbitre de son sort, Que c'est sans s'abaisser qu'il quitte une couronne, Mais il est peu d'amis que sa chute n'étonne; Et lorsqu'on perd un trône où l'on crut s'élever, Il faut bien du mérite à se les conserver.

PHILOXÉNE. [ne,

Quand par ces sentiments d'une àme trop commu- Sans peser le mérite, ils suivent la fortune, Lemalheurqui leurrendle changement permis, Nous ôte des flatteurs, et non pas des amis. *

PUILOCLés.

Vous exigeriez d'eux une ardeur bien parfaite!

PHILOXàNB.

Je les demande tels que je vous les souhaite.

PHILOCLEB.

La grandeur les attire, et lorsqu'on en jouit...

PHILOXÂNB.

C'est le malheur des rois qu'un faux zèle éblouit, Et qui ne cherchent point dans l'encens qu'on leur

[donne, Quelle part leur mérite en doit à leur couronne.

PHILOCLEB.

Pour pénétrer ce zèle il faudrait de bons yeux.

PHILOXBNB.

lis le pénétreraient s'ils se connaissaient mieux : Mais le moyen qu'un roi se puisse bien connaître, S'il voit plus ce qu'il est que ce qu'il devrait être?

PHlLOCLÉB.

Le ciel, pour le conduire en ces obscurités. Aime à lui prodiguer ses plus vives dartés; Et, loin qu'à ce qu'il peut il le laisse séduire, [re. Dès qu'il le place au trône il prend soin derinstrui-

BÉRÉNICE, ACTE IV, SCÈNE I

puaoxàNB.

Souveot un faux pouvoir sous son nom se prévaut Dtt respect que Toua pour ces leçons d'en haut; Et la crainte d'un rang que venge le tonnerre, Fait imputer au ciel ce qui vient de la terre.

PHILOCLBB.

Si son ordre eût soumis la Lydie à vos lois, Vous auriez effacé la splendeur de ses rois ; Mais je tous tiens! heureux de céder sans faiblesse k ce revers indigne où chacun s'intéresse, Et de trouver Araxe aussi zélé pour vous, Qne si vous éprouviez le destin le plus doux. \Jt.rs!à pour votre amour craignait sa résistance, ^lùsje vais l'assurer de son obéissance. Et que. dans Philoxène ayant fait choix d'un fils. Il n'y dédaigne point le sang de Cléophis.

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