SCÈNE VI PHILOGLÉE, ANAXARIS, IPHITE, HÉSIONE
PHILOCI^B.
SU^ doute TOUS avez appris de Phîloxène On» du ciel, à mon tour, je vais sentir la haine ; j H Tient de vous quitter ; et ce profond chagrin Semble de ma disgrâce accuser le destin.
ANAXARIS.
Û8oi, madame, il est vrai que son lâche caprice Toos éloignant du trône y place Bérénice?
PHILOCLIÊB.
Test par Tordre du roi qu'Araxe m*a fait voir QiK je ne puis sans crime en conserver Tespoir. Bébieo, puisqu^il le faut, cédons une couronne. 11 semble qu*à ce mot ton courage s'étonne, 1 s'émeut, il chancelle, et se laisse accabler d*QB coup dont ma vertu dédaigne de trembler.
A ce désordre obscur dérobe enfin ton âme,
St Cais paraître...
Hélas ! Je suis amant, madame ; El ipii de mon amour concevrait le tourment, Ne s*étonneraît pas de cet accablement.
PHILOCLÉB.
L'amour n^aurait pour toi qu'une honteuse flamme, Si soos les coups du sort il abaissait ton âme, De sa seule disgrâce il se doit alarmer; El c'est être suspect que vouloir trop aimer.
ANAXARIS.
. Juste del 1 Je verrai dans mon amour extrême, \ Qu'on indigne revers vous ête un diadème, i Et quand de mon devoir l'amour sait m'avertir, I Xaurai la lâcheté d'y pouvoir consentir?
ï PHUiOCLBB.
Et par où prétends-tu repousser la tempête? Eaployerai-je ton bras pour couronner ma tête? Et veux-tu qu'essayant un rebelle attentat, ^fiïïtôi que de céder j'expose tout l'Ëtat?
1 ANAXARIS.
▲h ! Madame, épargnez ce soupçon à ma gloire, La maxime est injuste, et la tache trop noire. lUis vous voir accepter un changement si prompt, bas reprocher aux dieux l'outrage qu'ils vous PHILOCLÉB. [font...
Le noble emportement que m'inspire ton zèlel |le (ais voir un cœur bas si je ne les querelle, Et je trahis ma gloire A n'oser mériter La chute où leur rigueur me veut précipiter I SU est vrai que pour moi ton amour s'intéresse, Aie assez de vertu pour suivre ma faiblesse ; Et, pour bien signaler ta générosité, Cèves-en Teffort jusqu'à ma lâcheté :
Alors tu connaîtras qu'un cœur qui se possède. Des plus rudes malheurs porte en soi le remède, Hqoe d'un fier destin l'implacable courroux àbaIs, sans notre aveu, ne triomphe de nous.
ANAXARIS.
J'aurais ces sentiments dans ma propre disgrâce, Mais l'amour...
PHILOCLÉB.
Cet amour un peu trop t'embarrasse; Mais je t'estime assez pour forcer mon devoir A ne rien croire encor de ce qu'il me fait voir. Tu m'as offert des vœux, le roi les autorise, A toute leur attente il me veut voir soumise. Incapable d'aimer ainsi que de haïr.
Le temps me fera voir si j'ai lieu d'obéir. C'est ce qui me console en perdant la couronne, Qu'il faut qu'à ce qu'elle est ton âme s'abandonne. Et que de faux respects ne sauraient plus cacher Qui du trône ou de moi t'a su le plus toucher. Adieu. Cédant au ciel qui veut que je m'abaisse, Je vais de mon hommage assurer la princesse. C'est à toi déjuger si, quoique sœur de roi. Après ces lâchetés, je suis digue de toi.