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SCÈNE VII ANAXARIS, IPHITE

ANAXARIS.

OÙ me vois-tu réduit, cher Iphite?

IPIIITB.

A tout craindre, Si votre ambition ne sait mieux se contraindre.

ANAXARIS.

Quoi, l'amour, cette ardente et ftère passion, Aura pu se soumettre à cette ambition?

Et je balancerais un autre sacrifice.

Quand j'en puis espérer le trône et Bérénice? Otons â cet amour tout droit de s'indigner; Qui ne l'épargna point, ne doit rien épargner. Perdons-nous, perdons tout, plutôt qu'on nous

[soupçonne De céder lâchement l'espoir d'une couronne. Et faisons triompher dans ce cœur combattu Le crime entreprenant sur la molle vertu. Pour gagner un empire, et s'en rendre le maître. C'est être criminel qu'appréhender de l'être. Osons toutsansscrupule, et parde prompts effets...

IPHITB.

Quoi, seigneur, pour régner recourir aux forfaits?

ANAXARIS.

Fussent-ils assez grands pour mériter la foudre : Qui m'en voudra punir si je puis m'en absoudre? La plus noire action que l'audace punit. Ne prend que du succès la honte qui la suit. C'est lui seul qui la rend injuste ou légitime; Heureux, elle est vertu, malheureux, elle est crime; Et quand l'éclat d'un trône y semble convier. Tous les crimes sont beaux qu'on peut justifier.

IPHITB.

Mais, s'il n'est nécessaire, à quoi bon en commettre? A votre espoir encor vous pouvez tout permettre, Du peuple et des soldats vous avez tous les cœurs.

BÉRÉNICE, ACTE V, SCÈNE II

Servez-vous-en, seigneur, pour vaincre vos mal-

[heurs ; Qu'ils demandent pour vous Thymen de Bérénice, Si le roi les refuse ils vous feront justice, Et bientôt du palais ils sauront la tirer. Pour forcer cet obstacle, et vous en assurer. Tant de villes d'ailleurs prendront votre querelle, Qu'on prétendrait en vain vous traiter de rebelle. Essayez ces moyens puisqu'ils sont les plus doux.

ANAXARIS.

Viens. Dans peu tu sauras à quoi je me résous.

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