LA MORT DE L'EMPEREUR COMMODE, ACTE I, SCÈNE IL
Qu'à qui peut lui déplaire il en coule la vie, Quoi que pour son hymenvous m'inspiriez d'hor- Je dois pour Perlinax redouter sa fureur, [reur, Et ne pas m'exposer, par une vaine audace, A le voir sur un père étendre ma disgrâce.
HBLVIE.
J'aurais tort de combattre un motif si pieux.
HARCTA.
Hé bien, si vous voulez, il n'est qu'ambitieux; [tage Mais, quoi qu'on en présume, au moins j'ai Tavan- Que Rome avec plaisir m'apprête son hommage, Et semble triompher de pouvoir une fois Applaudir au tyran qui lui donne des lois. Ne désavouons point celte gloire éclatante, Pour mériter ses vœux remplissons son attente, Et dans ce grand dessein cherchons à réussir, Ou pour rompre ses fers, ou pour les adoucir. Tant qu'a vécu sa femme, on a vu sa prudence De ses emporlemenls régler la violence ; Et peut-être, à mon tour, sur ce farouche esprit. Si je tiens même rang, j'aurai même crédit.
HBLVIE.
En effet, sa fureur au meurtre toujours prêle, Des meilleurs citoyens n'a pas proscrit la tête ; Mais n'avons-nous pas vu ce cruel empereur Tremper dès lors ses mainsdans le sang desa sœur?
MARCIA
De cette indigne sœur l'orgueilleuse manie D'un injuste attentat fut justement punie : Lucilla conspirant crut trop sa passion, Et sa mort était due à son ambition.
UELVIB.
Ce sont belles couleurs pour fuir un juste blâme, Mais qui perd une sœur peut bien perdre sa femme; Et sur quelques soupçons, si j'en crois un bruit
[sourd, L'impératrice même, eut un destin bien court.
MARCIA. [vôtre,
Sur ces soupçons, ma sœur, vous poussez loin le Mais le destin d'autrui ne règle pas le nôtre; Et fût le précipice ouvert de toutes parts, Il est beau de périr au trône des Césars.
HBLVIE. [vaine,
Ce grand titre pour lui n'est plus qu'une ombre Tel qu'un gladiateur il descend dans l'arène; Et jaloux de cet art qu'il croit justifier, Dans ce vil équipage il veut sacrifier. Avec sa lâche troupe il doit aller au temple ?
MABCIA.
Je lui fis voir dès hier ce dessein sans exemple; Mais comme en son pouvoir il en trouve l'aveu, Qui veut le partager doit le combattre peu.
HBLVIE.
Au moins, si je tenais cette gloire si chère. Dans son retardement j'aurais peine à me taire, Etvoudraisque l'hymen, par unsuccèsplus prompt. Épargnât à mon feu la crainte d'un affront. A voir depuis quel temps l'empereur le recule, Sur l'offre de ses vœux on vous tient trop crédule,
Sa foi de sa constance est un faible garant.
MARCU.
Électus m'en répond par les soins qu'il me rend, Et s'empresserait moins à les faire paraître, S'il n'était assuré de l'esprit de son maître. Je l'ai prié pourtant, comme il peut tout sur lai D'oser encor pour moi lui parler aujourd'hui; Et d'ailleurs, ce qui rend mon espérance enlièrcj Perlinax à Lœtus fait la môme prière.
Vous savez que Com mode, esti mant son grandcœurj Pour prix de ses exploits lui destine sa sœur; Et dans le rang pompeux où cet hymen l'élève, Quoi qu'il veuille entreprendre, il n'est rien qu'ï Il honore mon père, et le respecte en fils. [n'achèTCj Adieu. Je vais savoir ce qu'il aura promis.