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LES ENGAGEMENTS DU HASARD, ACTE V, SCÈNE IV

Assez de mon respect mes devoirs vous instruisent, Qu'un autre ait les faveurs, les mépris me suffisent.

BLVIRB.

Mon frère mon amant! Qui l'aurait soupçonné? 0 sort, 6 triste sort à ma perte obstiné !

D. FABRIQUE

L*avis doit être faux qui chez moi vous amène; Et son silence en est une preuve certaine, [souci. Quelqu'un s*est plu sans doute à vous mettre en Puisqu'en vain vous cherchez votre maîtresse ici. Vous savez que jamais je ne vis Isabelle, Et cette dame enfin que vous prenez pour elle, Est l'objet inconnu qui seul fait mon destin. Et dont vous avez su l'histoire ce matin. Jugez en vous oyant, avec quelle contrainte D'une erreur imprévue ellesouff're l'atteinte. Sans plus vous obstiner, don César, trouvez bon Que seul je la dispose à m'apprendre son nom, C'estun bien où nioncœurdepuislongtemps aspire.

ELVIRE, bas.

Il vient pour Isabelle, à la fin je respire.

D. CESAR

Don Fadrique, est-ce ainsi que l'on sert ses amis.

D. FADRIQUE.

De quoi vous plaignez-vous? Que vous aî-je promis?

D. CéSAR.

Ah, je ne sais que trop de quoi je me dois plaindre ! Pour moi dans votre esprit don Félix esta craindre, C'était votre ennemi, mais le ciel en courroux Veut que pour mon malheur il puisse tout sur vous: Ainsi, loin de soufl*rir que je serve Isabelle...

D. FABRIQUE

Je ne puis rien pour vous, puisque ce n'est point Et quand ce serai telle, il faudrait aviser [elle ; Qui des deux je devrais plutôt favoriser : L'honneur de son éclat à soi-même comptable, Rend souvent à l'ami l'ennemi préférable.

D. CÉSAR

Dites que mon rival doit m'être préféré, Mais ne contestez plus sur un point assuré : C'est elle, je le sais de la suivante même, Qui l'a laissée ici.

D. FABRIQUE

L'avis est stratagème; Croyez-moi, l'on vous trompe.

B. CESAR

Hé bien oui, je le croi ; Mais daignez faire aussi quelque chose pour moi. Pour n'avoir désormais aucun scrupule en l'âme, Et sauver mon honneur de ce reproche infâme Que sans la secourir j'ai pu la rencontrer, Si cette dame enfin ne se veut point montrer. Quoique ce procédé sensiblement me touche. Que je reçoive au moins mon congé par sa bouche. Qu'elle me dise un mot, et je m'en vais content.

D. FABRIQUE, bas à Eivire,

Son départ à tous deux, madame, est important, Et je ne vous dis point tout ce que j'appréhende

Si vous lui refusez la grâce qu'il demande. Tirez-moi de la peine et du trouble où je suis, Vous le pouvez d'un mot,

ELYIRE baSj levant sa coiffe.

Voyez si je le puis.

D. FABRIQUE

Juste ciel, qu'ai-jevu 1 Que ma surprise est grande?

RLVIRE.

Est-il juste chez vous qu'il me voie, ou m'entende?

B. FABRIQUE

Ah non. Dans ce refus persistez jusqu'au bout. Ne parlez point, madame, et je réponds de tout.

[A don César.)

Je ne l'y puis résoudre, en vain je l'en conjure.

B. CESAR

Mais...

B. FABRIQUE

Mais ce n*est point elle, et je vous en assure.

B. CÉSAR

Ah, pour m'en assurer, c'est de trop bonne part...

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