‹ Théatre completChapitre 531 sur 1461 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MARCIA, ÉLECTUS, LUCIE.

MARCU. ^ [plice?

Quel chagrin dans ton cœur marque un secret sup- Vient-il ou de sa perte, ou de mon injustice? Son malheur ou le tien causent-ils ton ennui ? Soupires-tu pour toi ? Soupires- tu pour lui ?

ÉLECTUS.

Quoi quevous ordonniez du beau feu qui m'anime, Déjà daos mon respect je crois tout légitime; Mais je dois avouer, puisque vous m'en pressez, Que je plains en secret ce que vous haïssez. Tout barbare et cruel que l'empereur puisse être, Si j'y vois un tyran, j'y vois toujours mon maître; El de mille bienfaits le pressant souvenir M'accuse d'être ingrat quand j'ose le punir. Aussi, dans sa fureur, si pour le satisfaire Ma tête eût seule été l'objet de sa colère. J'atteste tous les dieux qu'on m'aurait vu périr.

Plutôt qu'à l'attentat j'eusse pu recourir. Mais à voir que sur vous sa rage ose s'étendre. Mon amour aussitôt a dû tout entreprendre; Et toutefois, hé^as, toujours infortuné, Peut-être cet amour estencor soupçonné.

MARCIA

Juge mieux d'un transport que je crus légitime. Je vois ton innocence en connaissant son crime; Et tu me ferais tort si tu n'osais penser Qu'aspirant à punir, j'aime à récompenser. Ta mort par un tyran lâchement résolue. Expose à mes regards ta vertu toute nue. J'en sais pour ton amour l'inexorable loi; Et si j'ai de Commode en vain... Mais je le voi.

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