STILICON, ACTE II, SCÈNE IV
EUCHÉRIUS.
Le mien de celle gloire esl pleinement charmé; Mais, hélas! aime-t-on sans vouloir être aimé?
PLAOIDIB.
Ne crois pas que jamais l'orgueil du diadème Relâche une princesse à confesser qu'elle aime, Et que sur ses désirs son rang puisse si peu, Qu*il la laisse descendre à ce houleux aveu. Mais comme d'injustice il la rend incapable, U faut examiner ce qu'on a d'estimable, Voir en soi ce qu'en eux les vrais héros ont eu, Le convaincre en secret de toute leur vertu, S'en pouvoir applaudir, et, sur un si bon signe, Se répondre du cœur dont l'on se tiM)uvo digne. Non qu'enOn ce ne fût un bonheur assez vain De mériter ce cœur sans mériter la main ; [dre. Mais c'est toujours beaucoup à qui n*y peut préten- Qu'au seul crime du sorlayantdroil de s'en prendi'e, On ne luipuisseaumoinsdansun malheur si grand, Reprocher qu'un défautdont il n'estpas garant
EUCHÉRIUS.
Ah, si par ce défaut ma passion extrême...
PLACIDIK.
Adieu, l'empereur vient. Aime,j'y consens, aime; Mais, si tu t'y résous, quoi qu'il faille endurer. Sachant ce que je suis, aime sans espérer.